LE FIL

Lutte contre la flavescence dorée

La filière Cognac valide le piège connecté EGleek

Vendredi 28 février 2020 par Vincent Gobert

Piège connecté EGleek de cicadelles installé dans une vigne et suivi par le BNIC
Piège connecté EGleek de cicadelles installé dans une vigne et suivi par le BNIC - crédit photo : Plan national de dépérissement du vignoble
Après 3 ans d’expérimentations, le Bureau National Interprofessionnel du Cognac (BNIC) se dit satisfait du piège connecté EGleek. Ce compteur affiche un taux de reconnaissance de la cicadelle de la flavescence dorée de plus de 90 %.

C’est un pas de plus vers le raisonnement des traitements insecticides visant la cicadelle vectrice de la flavescence dorée. Lors de la journée technique « les capteurs du sol à la vendange » organisée par l’UMT Seven à Bordeaux Sciences Agro ce 26 février, le BNIC annonce un taux de reconnaissance de l’insecte par un piège connecté supérieur à 90 %. La filière expérimente depuis 3 ans le piège connecté EGleek - un piège chromatique qui analyse le nombre d'insectes piégés et émet des alertes lorsqu'un vol d'insectes est détecté ou lorsque la feuille gluante est saturée - de la société Advansee. « Le but est de réaliser un comptage automatisé des insectes piégés et de différencier les cicadelles de la flavescence dorée des autres insectes, décrit Laetitia Sicaud, animatrice au BNIC du groupe technique régional flavescence dorée ». Il a fallu pour cela développer un algorithme de reconnaissance, en 2018, et passer par deux phases d’expérimentation terrain. Un déploiement de 18 pièges avec mesures et comptages, d’abord, et aussi un essai de différence d’attractivité du piège sur 12 sites. Résultat : l’algorithme de reconnaissance est validé en 2019 et dans le même temps on ne détecte pas de différence d’attractivité du piège. Tous les voyants sont au vert pour automatiser les relevés !

Attente de validation par les services de l’Etat

Tous ? Pas exactement. Le BNIC attend maintenant une validation du système par le Service régional de l’alimentation (SRAL). Ensuite, la filière a identifié quelques points faibles. Parmi eux, la présence de buée sur l’objectif le matin s’il y a de l’humidité. Cela peut poser un problème pour la première photo. Il y a aussi un manque d’autonomie sur une longue période, surtout si le réseau GSM est mauvais. Il faut en outre un rechargement sur secteur la nuit, et il faut une bonne couverture cellulaire, cela « alors qu’il y a pas mal de zones blanches en Cognac », déplore Laeticia Sicaud. Elle note enfin un encombrement dans la rangée. En effet, la caméra dépasse un peu, ce qui peut poser un problème au rognage, par exemple, « il y a eu une expérience malheureuse en 2018 » se souvient-elle. Mais le BNIC identifie aussi de nombreux points positifs : la bonne qualité de l’image, les réglages du nombre de photos par jour et des heures de prises de vues, la visualisation des photos sur serveur sans déplacement terrain, la résistance aux intempéries et aux traitements, les alertes SMS et mail, le mode hivernage avec abonnement moins cher et la communication avec le piège via le Wifi. Les 62 000 ha de la région en traitement obligatoire n’ont qu’à bien se tenir !

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