LE FIL

Vignoble de Bergerac

10 stations météos pour choisir et réussir ses impasses phyto

Mardi 21 janvier 2020 par Alexandre Abellan
Article mis à jour le 11/03/2020 15:06:29

« Avoir de la vendange à la fin est le critère d’acceptabilité des réductions de traitements » souligne Edouard Loiseau.
« Avoir de la vendange à la fin est le critère d’acceptabilité des réductions de traitements » souligne Edouard Loiseau. - crédit photo : Promété
Les résultats prometteurs d’un outil de réduction des traitements viticoles contre le mildiou et l’oïdium poussent à le déployer auprès de 100 vignerons, avec l’appui financier de la région.

Avis aux vignerons de Bergerac et de Duras intéressés par une réduction conséquente de leurs Indices de Fréquence de Traitements (IFT), une centaine de candidats sont activement recherchés pour s’intégrer dans le réseau de dix stations météo Opti Vitis Périgord. Piloté par l’association Agrobio Périgord et l’entreprise Promété, ce projet de trois ans est actuellement en phase de réunions d’information pour recruter des participants (conventionnels ou bio, en caves particulières comme coopératives, en Bergerac et Duras). Pour être implantée en février, chaque station météo cherche actuellement huit à dix viticulteurs sur un rayon de 5 kilomètres.

Pour inciter les vocations, le projet s’appuie sur des essais réalisés en 2016-2018 par AgroBio Périgord, où quatre domaines bio ont pu réduire de 30 % en moyenne leurs IFT* grâce aux Outils d’Aide à la Décision (OAD) pour le mildiou et l’oïdium. « Nous cherchons maintenant à passer à une plus grande échelle » explique Kim Deneuvel, la technicienne en charge du projet pour AgroBio Périgord, qui souligne que l’outil « permet aux viticulteurs d’optimiser le positionnement des leurs traitements et leurs temps de travail ».

"Pas de risque avec une impasse"

Orienté sur le risque infectieux, l’OAD repose sur l’anticipation locale des précipitations (fiable à 10 jours, avec des tendances jusqu’à 14 jours) pour préconiser les moments où il est réellement nécessaire de traiter. Pour réduire les IFT, une condition est donc nécessaire pour le vigneron : « il faut accepter la stratégie des impasses sans a priori sur le moment de traitement » reconnaît Edouard Loiseau, le président-fondateur de Promété (actuellement 750 stations dans le vignoble (et 250 en polyculture). « Notre métier, c’est de dire au vigneron qu’il ne lui sert à rien de traiter et qu’il ne prend pas de risque avec une impasse » renchérit l’entrepreneur, qui se base sur des résultats d’essais probants conduits en Bourgogne, à Cognac, en Champagne.

Subvention et cotisation

Affichant des baisses d’IFT allant de -10 à -65 % pour une efficacité similaire des traitements, Promété adopte une stratégie de vitrine de démonstration afin de convaincre les opérateurs viticoles de la réalité de la réduction des phytos. Dans le vignoble de Bergerac, le projet régional Vitirev donne l’occasion de déployer l’outil avec 300 000 euros de subvention (pour une enveloppe globale de 600 000 €). Une cotisation annuelle de 350 € est demandée aux viticulteurs pour accéder à l’OAD, aux bulletins météo et au suivi individuel. Répondant aux enjeux sociétaux de réduction des produits phytosanitaires, ce projet permet également d’économiser du temps, de la main d’œuvre et des achats d’intrants… Mais aussi de s’adapter aux nouvelles réglementations : « la réduction d’IFT que nous atteignons permet d’être en dessous du plafond de 4 kg/ha.an pour le cuivre » souligne Edouard Loiseau.

 

* : Le protocole compare sur une même parcelle une partie traitée selon les préconisations de Promété et l’autre selon les usages du vigneron (avec un témoin non traité permettant de juger de la pression locale).


 

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