LE FIL

2019 dans le rétroviseur

L'année du clash avec FranceAgriMer

Jeudi 02 janvier 2020 par Bertrand Collard

De gauche à droite : Georges Haushalter, vice-président du conseil des vins de FranceAgriMer, Jérôme Despey, président du conseil, Samuel Masse (JA), Gérard Bancillon (VinsIGP), Stéphane Héraud (AGPV), Jérôme Volle (FNSEA), Michel Chapoutier (UmVin), Jean-Marie Fabre (Vignerons indépendants de France), Bernard Farges (Cnaoc) et Jean-Marie Barillère (Cniv)
De gauche à droite : Georges Haushalter, vice-président du conseil des vins de FranceAgriMer, Jérôme Despey, président du conseil, Samuel Masse (JA), Gérard Bancillon (VinsIGP), Stéphane Héraud (AGPV), Jérôme Volle (FNSEA), Michel Chapoutier (UmVin), Jean-Marie Fabre (Vignerons indépendants de France), Bernard Farges (Cnaoc) et Jean-Marie Barillère (Cniv) - crédit photo : Bertrand Collard (La Vigne)
Les professionnels siégeant au conseil spécialisé vins de FranceAgriMer se sont emportés en octobre dernier contre les retards de paiement des aides européennes et ont décidé de ne pas siéger pour souligner l’inaction de l’Etat.

Hasard du calendrier ? Toujours est-il que le nouveau conseil des vins de FranceAgriMer désigné en juillet devait se réunir pour la première fois ce 16 octobre à deux jours de l’entrée en vigueur de la taxe américaine de 25 % sur les vins français. La réunion n’a pas eu lieu. A la place, les responsables professionnels de la production et du négoce ont convoqué la presse pour s’exprimer.

« Trop c’est trop. Il y a des actions de promotion sur les pays tiers que nous n’arrivons pas à mener parce que l’administration ne nous écoute pas, tempête Michel Chapoutier, président d’UmVin, la fédération du négoce. Et là-dessus arrivent les taxes US !  Nous avons décidé de quitter la salle car l’administration nous lâche. »

« Nous alertons depuis longtemps les pouvoirs publics sur le fait que les règles du jeu sont plus tendues en France que dans les autres pays européens, poursuit Stéphane Héraud, président de l’AGPV, l’association générale des producteurs de vin. Des demandes d’aide à la promotion dans les pays tiers ont été finalisées en 2014 et en 2015 et elles ne sont toujours pas payées. C’est inadmissible. »

15,5 millions d'euros renvoyés à l'Europe

Ces retards et dossiers en souffrance s’élèveraient à 30 millions d’euros pour la période 2014 2017. Cela, alors que FranceAgriMer n’a pu verser que 265 millions d’euros d’aide à la viticulture, à la date fatidique du 15 octobre, sur les 280,5 millions d’euros disponibles. Ces 15,5 millions d’euros sont retournés au budget de l’Union européenne. Une première depuis la nouvelle OCM.

« L’Union européenne exige que les dossiers d’aides soient soldés au bout d’un an. La France ne respecte pas cette règle et n’a pas de problème avec cela alors qu’elle nous impose des tas de règles que les autres n’ont pas. Il y a une volonté de tuer l’aide à la promotion dans les pays tiers », Michel Chapoutier tacle l’Etat français.

Ces difficultés deviennent intolérables pour la filière alors que la taxe américaine s’annonce extrêmement préjudiciable. « Nous demandons au plus haut niveau de l’Etat que la diplomatie joue son rôle pour éviter cette sanction. Nous demandons aussi qu’il nous paie ce qu’il nous doit », réclame Jérôme Despey.

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VOS RÉACTIONS
loulou Le 02 janvier 2020 à 15:58:20
La téléprocédure mis en place par France Agrimer ne permet pas le droit à l' erreur. Une fois le clic effectué vous ne pouvez retourner en arrière . France Agrimer a oublié de mettre en place une procédure pour rectifier une erreur . Si la viticulture devait pénaliser France Agrimer à chaque Bug Informatique elle serait très riche. France Agrimer conseille maintenant à la viticulture pour remplir les dossiers de prendre une société spécialisée qui a un bon contrat d' assurance. Est ce une simplification du système ??? , Qui prend en charge le cout supplémentaire ? A ce jour de nombreux viticulteurs ne prennent plus l' aide que nos dirigeants viticoles ont négocié avec le gouvernement du fait de cette complexité . Nos partenaires Européens vont bien en profiter.
craoux Le 02 janvier 2020 à 09:27:34
Il serait intéressant (et équitable) que vous, les médias, proposiez aux services de FranceAgriMer et à sa Directrice d'exposer la nature des difficultés rencontrées à verser ces aides UE. La complainte des "professionnels" est lassante car ils ne peuvent pas (ou ne veulent pas) reconnaître que leur base est bien souvent fautive à respecter les règles, les délais. Et si qqes Mio d'euros n'ont pas pu être dilapidés pour promouvoir l'export, je m'en réjouis car je n'oublie pas que ces montants sont abondés par NOS impôts. Au fait, à qui profite vraiment la richesse dégagée par la filière ? .. est-ce que les ouvriers agricoles bénéficient - justement - de la valorisation et de la premiumisation de nos gammes ?
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