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Hausse des taxes aux USA
La filière demande un report de la date du 18 octobre

Réagissant à l'annonce américaine d'augmenter les taxes douanières sur les vins, Jérôme Despey, président de la commission vin de la FNSEA, a annoncé que la filière viticole plaidait pour que la diplomatie européenne cherche à négocier avec l'administration américaine.
Par Marion Sepeau Ivaldi Le 10 octobre 2019
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La filière demande un report de la date du 18 octobre
Jérôme Despey, président de la Commission vin de la FNSEA, pousse un cri d'alarme face à la menace d'une hausse des taxes douanières aux Etats-Unis. - crédit photo : Marion Sepeau Ivaldi
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 Différents responsables professionnels viticoles ont rencontré Bruno Le Maire le 4 octobre dernier » a indiqué Jérôme Despey, président de la commission vin de la FNSEA le 10 octobre. Leur message est simple : la diplomatie européenne doit être dans la négociation pour éviter l’application de la sanction. « Nous avons demandé à ce que la date du 18 octobre soit reportée pour permettre à nos entreprises de se retourner » a-t-il par ailleurs précisé. La filière a fait également savoir au ministre qu’elle souhaitait qu’un fonds agricole soit mobilisé pour compenser les pertes commerciales en cas d’application de la mesure. « Ce fonds a déjà été activé lors de la crise laitière » a précisé Jérôme Despey.

Risque de destabilisation du marché des vins européens

Ce dernier semble néanmoins sceptique sur l’écoute des pouvoirs publics. « Nous avons l’impression que les chefs d’Etats, les ministres sont dans une bulle de prudence sur le sujet. Nous avons le sentiment que cette menace de hausse des taxes n’est pas considérée comme grave » a-t-il expliqué, tout en rappelant qu’un report des volumes non-commercialisés aux Etats-Unis sur le marché intérieur européen pourrait le déséquilibrer et provoquer une crise. « A la possibilité d’une hausse des taxes douanières se rajoutent à l’incertitude du Brexit, la complexité des relations commerciales avec la Chine et la situation tendue à Hongkong » a-t-il aussi remarqué. Les quatre principales destinations du grand export des vins français sont ainsi soumises à des aléas diplomatiques et politiques, plaçant les entreprises dans un niveau d’insécurité commerciale rarement vécu.

Règlement de l'enveloppe OCM

Jérôme Despey a tenu à rappeler que ces difficultés s’ajoutent à un contexte de gestion insatisfaisantes des paiements des aides OCM. En particulier, 40 millions d’euros d’aides à la promotion, pour des actions datant pour certaines de 2013, n’ont toujours pas été versées aux entreprises. Par ailleurs, entre 30 et 40 millions d’euros de l’enveloppe 2019 (dont 50 % d’aides à la promotion) ne devraient pas être consommées par la France au 15 octobre prochain. Et Jérôme Despey de rapporter : « les entreprises appellent en ce moment même le ministère. Il n’est pas exclu qu’il y ait des actions en justice ». La situation est telle que le président demande à ce qu'un audit externe de la gestion des paiements des aides OCM par FranceAgriMer soit réalisé. Cet audit doit permettre, selon Jérôme Despey, de faire la lumière sur comment sont gérés les dossiers et permettre au ministre "de trouver une solution pour sortir de l'ornière" dans laquelle sont englués les paiements des aides OCM. 

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Tous les commentaires (1)
albert Le 13 octobre 2019 à 14:45:08
Et si Jérôme Despey s'enquerrait auprès de sa base de sa capacité (?) à établir un dossier de demande d'aide "recevable" dès sa première présentation ! ... Et s'il se posait la question de savoir si la filière a compris voire intégré l'importance de la "complétude" d'un dossier .. dans les délais ? .. Il ne suffit pas d'exhorter ses troupes à la consommation (!) de l'enveloppe, encore faudrait-il que le Président mouille le maillot pour sensibiliser la base à la nécessité de se conformer à l'exigence qu'impose la gestion de fonds UE ! ... Je trouve encore plus pitoyable que démagogique que le Président du Conseil Spéc. Vins use d'un si grotesque argument "politique" - renvoyer la faute sur les services - alors que la filière n'est pas en situation de pouvoir "consommer" une enveloppe ! ... Si j'étais un agent de FAM, je bicherais à l'idée de traiter personnellement un dossier de "mon" Président (quel temps consacre-t-il encore à son métier de vigneron ? .. l'obligation d'être vigneron pour briguer des mandats électifs a-t-elle encore un sens ?).
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