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La filière travaille à sa politique climatique

Mardi 26 novembre 2019 par Marion Sepeau Ivaldi

Bernard Angelras, président de l'IFV, dans sa parcelle plantée de cépages résistants.
Bernard Angelras, président de l'IFV, dans sa parcelle plantée de cépages résistants. - crédit photo : Marion Sepeau Ivaldi
Ce 27 novembre, l’IFV organise une conférence technique sur le changement climatique. Rencontre avec Bernard Angelras, président de l’IFV, sur le travail mené pour bâtir une politique climatique pour la filière vitivinicole.

Pourquoi avoir choisi, cette année, le thème du changement climatique pour la grande conférence de l’IFV au Sitevi ?

Bernard Angelras : L’année 2019 nous montre que nous vivons chaque année des dérèglements climatiques. Nous avons ainsi connu un printemps et été très chauds et secs. D’autres années, ce sont des excès de froid, d’eau qui viennent perturber le cycle végétatif de la vigne. Sur le sujet du changement climatique, il y a une interrogation profonde des producteurs.

Aux niveaux des instances nationales, nous avons débuté une réflexion sur l’adaptation de la production de vin au dérèglement climatique. Suite au projet Laccave, les responsables professionnels ont choisi de mener une politique d’innovation pour maintenir les vignobles en place. Ce qui se traduit par des actions concrètes comme l’autorisation d’expérimenter 5 % de cépages d’adaptations dans les AOP.

 

Désormais quelles sont les actions envisagées ?

Nous poursuivons la réflexion par une tournée des bassins viticoles en demandant à chaque région de faire la synthèse sur des actions concrètes nécessaires au maintien de la viticulture. Ces propositions s’organisent autour de thèmes que nous avons définis : la connaissance des sols viticoles, les conditions de production, l’adaptation du matériel végétal, les pratiques œnologiques, l’adaptation des vins à la demande du marché, la recherche et le développement, communiquer et former. Le dernier thème porte sur les actions d’atténuation du changement climatique. Cette réflexion doit aboutir début 2020 par la rédaction d’une synthèse nationale.

 

En quoi la question du dérèglement climatique peut-elle définir la politique nationale viticole ?

Plus je travaille sur ce sujet, plus je me dis que la viticulture pourrait devenir un cas d’école pour l’ensemble de la société. Aujourd’hui, il est important de montrer que l’agriculture peut jouer un autre rôle et peut être un métier d’avenir. En adaptant nos pratiques aux dérèglements, nous pouvons être le fer de lance de l’agriculture et porter un discours novateur tout en assurant la pérennité de notre secteur.

 

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