LE FIL

Laurence Cottet

"Pour un janvier sobre "

Vendredi 15 novembre 2019 par Anne Schoendoerffer

Laurence Cottet : 'Je n'étais pas pour le janvier sec, mais pour un janvier sobre. Car c’est une idée respectueuse de nos métiers, mais qui alerte suffisamment sur les dangers de l’alcool quand on en abuse. Avec cette initiative citoyenne, on n’est pas dans l'interdit'.
Laurence Cottet : 'Je n'étais pas pour le janvier sec, mais pour un janvier sobre. Car c’est une idée respectueuse de nos métiers, mais qui alerte suffisamment sur les dangers de l’alcool quand on en abuse. Avec cette initiative citoyenne, on n’est pas dans l'interdit'. - crédit photo : DR
Laurence Cottet a lancé en 2019 un événement "Janvier Sobre". Elle assure avoir reçu le soutien de la présidence de la République sur cette initiative qui doit être reconduite en 2020.

Laurence Cottet, présidente de l’association « H3D/France Janvier Sobre », prône la sobriété. Avec son événement “janvier sobre”, lancé en janvier 2019, seule, sans aide publique, elle a reçu 20 000 commentaires ou publications sur son site et sur les réseaux sociaux. Elle reconduit l’opération “janvier sobre 2020”

Pourquoi et comment avoir créé “janvier sobre” ?

J’ai 58 ans et je suis ancienne alcoolique. J’ai connu cette maladie pendant 15 ans. J’ai la chance d’avoir 10 années d'abstinence donc suffisamment de recul par rapport à ce que j’ai subi. Avec d’autres personnes, j’ai réfléchi à ce qui nous avait manquées à l'époque pour ne pas tomber dans cette maladie que l’on connaît mal. (...). Quand j’ai entendu sur Europe 1 ou BFM parler du “dry january” en Angleterre (en janvier 2019, NDLR), je me suis dit qu’il fallait créer quelque chose en France, adapté à notre culture française. Car c’est un patrimoine, c’est des milliers de gens qui travaillent la terre et qui perpétuent des savoir-faire et ça se respecte.

 

Pourquoi “janvier sobre” et pas “janvier sec” ?

Je n'étais pas pour le janvier sec, mais pour un janvier sobre. Car c’est une idée respectueuse de nos métiers, mais qui alerte suffisamment sur les dangers de l’alcool quand on en abuse. Avec cette initiative citoyenne, on n’est pas dans l'interdit. Je donne les repères pour éviter de tomber dans les excès et les abus d’alcool : « Pour votre santé, maximum 2 verres par jour et pas tous les jours ». Je sais que mon point de vue n’est pas partagé par tout le monde.

 

Que pensez-vous de janvier sec ?

J’en sais peu de chose. Je l’ai appris dans la presse. Je comprends la colère des alcooliers qui n’ont pas été associés. Ce n’est pas comme cela que l’on va faire accepter la démarche et que l‘on met en place des projets d’une telle importance.

 

Quels ont été vos contacts avec les pouvoirs publics ?

Suite au succès de janvier sobre, j’ai rencontré le responsable de l’agence Santé Publique et la commission interministérielle de prévention des conduites addictives. Ils m’ont écouté mais il n’y pas eu de suite. Je n’ai pas eu de subventions alors que j’avais fait une demande. Pour “vin et société”, dans le cadre de la journée des droits de la femme, j’ai réalisé bénévolement une vidéo qui alerte sur l’alcoolisme féminin. Elle a été appréciée et aussi critiquée par certains médecins addictologues qui ne comprennent pas ma démarche. Aujourd’hui (le 13/11/2019, NDLR), j’ai reçu le soutien de la présidence de la République et d’Anny Duperey. Tous les soutiens sont les bienvenus.

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