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Visite présidentielle

Emmanuel Macron s’oppose au « Janvier Sec »

Jeudi 14 novembre 2019 par Marion Sepeau Ivaldi
Article mis à jour le 09/12/2019 15:12:26

Emmanuel Macron a reçu un magnum de Champagne de Saint-Gall 1977, clin d’œil à son année de naissance.
Emmanuel Macron a reçu un magnum de Champagne de Saint-Gall 1977, clin d’œil à son année de naissance. - crédit photo : SGV
Alors qu’il déjeunait avec les co-présidents du Comité Champagne ce 14 novembre à Epernay, le président de la République s’est fermement opposé à la tenue d’un « janvier sec ».

« Le président de la République nous a affirmé qu’il n’y aura pas de « Janvier Sec » » rapporte Maxime Toubart, président du Syndicat général des vignerons de la Champagne et co-président du Comité Champagne, à l’issue de son déjeuner avec le président de la République ce 14 novembre. En visite à Epernay, Emmanuel Macron a partagé la table des deux co-présidents Comité Champagne (dégustant notamment le Champagne de Damien Hugot, mais également un côteaux champenois blanc de Charles Dufour et un côteaux champenois rouge de René Geoffroy). Le président, qui n’a jamais caché son penchant épicurien s’est, semble-t-il, offusqué qu’une telle proposition soit envisagée. « Vous pouvez faire savoir qu’il n’y aura pas de « Janvier Sec » nous a-t-il dit » indique Maxime Toubart. La Champagne obtient ainsi une position présidentielle qui ne manquera pas de soulager la filière viticole française quelque peu crispée autour de ce projet incitant les Français à la sobriété pendant un mois.

ZNT riverains au menu

Le déjeuner a également été l’occasion d’aborder d’autres sujets de crispations et notamment celui des ZNT riverains. « Nous avons insisté auprès du président pour le convaincre de la capacité de la viticulture à mettre en œuvre des traitements de protection des plantes performants. Nous lui avons dit que nous sommes capables d’appliquer les produits au centimètre près, que les techniques dont nous disposons sont désormais très précises ! » martèle Maxime Toubart. Et, si Emmanuel Macron s’est montré à l’écoute, il a souligné qu’il était nécessaire de rassurer les populations et de gagner la confiance des riverains. En clair, il faut en passer par une règlementation pour apaiser sur un sujet qui pourrait peser dans les élections municipales.

Les deux co-présidents ont également fait remonter la limite du texte EGAlim sur l’encadrement des pratiques commerciales. Le texte ne permet pas de parer à toutes les situations, et de nouvelles promotions très agressives ont pu être identifiées cet été sur des champagnes à moins de 10 euros. « Il y a des trous dans la raquette » remarque Maxime Toubart qui a senti Emmanuel Macron à l’écoute sur le sujet, cherchant à comprendre ce qui pourrait être amélioré. Plus généralement, Jean-Marie Barillère, co-président du Comité Champagne a expliqué "que le modèle français se retrouve un peu en panne avec un marché français en berne, un marché américain ralenti par la hausse des taxes, les difficultés politiques à HongKong, le ralentissement économique en Chine et le Brexit. C'est autant d'argent en moins pour le financement de la transition écologique".

Par ailleurs, les deux co-présidents ont obtenu la confirmation que le Président recevrait les responsables professionnels pour échanger sur les sujets spécifiques au vin. "Mais la date n'est pas encore connue" précise Jean-Marie Barillère.

Enfin, Maxime Toubart est également intervenu sur un casse-tête très champenois, celui de l’hébergement des salariés. « Je lui ai expliqué comment la règlementation bouleverse les pratiques avec le recours massif à des prestataires à la place d’un recrutement local de vendangeurs » explique le président. Un message qui a été entendu, affirme celui qui souligne avoir rencontré un président « très au courant des sujets et pointu sur les enjeux agricoles ». Un point de vue partagé par Jean-Marie Barillère.

 

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