LE FIL

Beaujolais - Mâconnais

Un trafic de vendangeurs bulgares démantelé

Mardi 24 septembre 2019 par Juliette Cassagnes

L'office central de lutte contre le travail illégal (OCLTI) a lancé l'opération dans le vignoble mardi 17 septembre 2019
L'office central de lutte contre le travail illégal (OCLTI) a lancé l'opération dans le vignoble mardi 17 septembre 2019 - crédit photo : Gendarmerie nationale
Plusieurs dizaines de gendarmes ont été vus dans le vignoble du Beaujolais et de Saône-et-Loire mardi 17 septembre dernier. Ils contrôlaient l'identité des vendangeurs bulgares présents, qui viennent très nombreux chaque année. On en connaît désormais la raison.

Les enquêteurs intervenaient dans le cadre d'une vaste opération conduite depuis un an visant à démanteler un réseau de traite d'êtres humains. Une fausse société de travail temporaire employait des vendangeurs bulgares pour les proposer ensuite à des domaines viticoles du Beaujolais et de Saône-et-Loire. Une fois rentrés dans leur pays, les escrocs ne les payaient pas à la hauteur des salaires promis. Ils étaient par ailleurs logés dans des conditions insalubres:  « ces vendangeurs étaient installés dans des tentes, dans le département du Rhône. Pauvres et illettrés, ils signaient des contrats en français qu'ils ne comprenaient pas avec la promesse d'être payées soixante euros par jour (...) Les organisateurs du réseau retenaient ensuite la plus grande partie de leurs salaires qu'ils investissaient en immobilier et dans le commerce», indique l'AFP.

"Quid des viticulteurs employeurs ?"

Quatre personnes, trois bulgares et un français, dirigeants ou intervenants au sein de la société, ont finalement été arrêtés la semaine dernière dans la région lyonnaise pour des faits de « travail dissimulé » et de « traite des êtres humains commis en bande organisée »; 160 saisonniers sont concernés. Ils ont été mis en examen et placés sous contrôle judiciaire.

« Les investigations vont désormais se poursuivre afin de déterminer le nombre de personnes impliquées dans ce réseau et le rôle joué par chacun. La responsabilité des quelques viticulteurs ayant fait travailler ces ouvriers être étudiée », indique le quotidien 20 minutes. L'AFP ajoute que l'enquête a également permis « le contrôle chez les exploitants agricoles concernés des conditions de travail et d'hébergement de plusieurs dizaines de saisonniers, entendus en qualité de témoins».

Ces résultats sont le fruit d'une double enquête ouverte en février 2019 en France par la JIRS (Juridiction inter-régionale spécialisée) de Lyon (69) et en Bulgarie en juin 2019. Elle a mobilisé plus de 80 enquêteurs de différents services.

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