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Didier Guillaume a-t-il tout dit sur les ZNT et les chartes riverains ?

Jeudi 05 septembre 2019 par Marion Sepeau Ivaldi
Article mis à jour le 06/09/2019 11:53:43

Didier Guillaume, ministre de l'agriculture, lors d'une visite de vignoble dans l'Hérault en juin dernier.
Didier Guillaume, ministre de l'agriculture, lors d'une visite de vignoble dans l'Hérault en juin dernier. - crédit photo : Marion Sepeau Ivaldi
Après les déclarations sur CNews et à la foire de Châlons en Champagne du ministre de l’Agriculture, indiquant que les Chartes riverains pourraient remplacer les ZNT, un courrier du Premier ministre laisse penser que leur application ne sera pas aussi simple.

La semaine dernière, Didier Guillaume rassurait la planète viticole et agricole concernant l’application des ZNT riverains. Si les chartes d’épandages étaient signées d’ici la fin de l’année, leurs dispositions s’appliqueraient et écarteraient l’application des ZNT, tant redoutées par la production. Mais, le ministre aurait-t-il oublié de préciser certains détails cruciaux ?

Les ZNT vont-elles s’appliquer largement ?

Une lettre du Premier Ministre (que s'est précuré Vitisphere), Edouard Philippe, adressée à un député vient préciser le projet d’arrêté ministériel qui n’a pas encore été diffusé. Datée du 28 août, soit le jour précédent les déclarations de Didier Guillaume sur CNews, la missive explique que le projet de texte rappelle les distances de sécurité à respecter, fixant ainsi les ZNT telles qu’elles ont été présentées en juin dernier. Le texte donne aux chartes la capacité d’ajuster ces distances « en tenant compte d’engagements à utiliser les matériels d’épandage les plus performants ». En clair, l’utilisation de matériels de pulvérisation de pointe permettra de réduire les ZNT via les chartes. Ces dernières ne pourraient ainsi pas se suppléer aux ZNT qui s’appliqueraient très largement.

L’œil de l’Anses sur les Chartes

Le texte laisse la place à l’évolution des chartes. Les distances pourront être ainsi révisées au bénéfice des progrès techniques et « sur avis de l’Anses ». Les chartes d’épandages, résultat d’un travail collectif local, pourraient ainsi ne pouvoir évoluer qu’avec l’aval du national, via l’Anses.   

Par ailleurs, les distances de sécurité ne s’appliqueront pas aux produits de biocontrôle, aux produits composés de substances de base ou de substances à faible risque et le traitement des maladies végétales faisant l’objet d’une lutte obligatoire. Les traitements contre la cicadelle de la flavescence dorée ne seraient ainsi pas concernés par les textes.

Edouard Philippe indique que les projets des textes devaient être mis à la consultation du public en septembre.

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VOS RÉACTIONS
b_yron Le 16 septembre 2019 à 13:56:16
Cher craoux, En tant que "citadin", êtes vous conscient que quelque soit la remise en question des agriculteurs, ils n'ont souvent pas les moyens de supporter financièrement la transition et les changements de pratiques nécessaires à la réduction des produits phytos? J'imagine que vous êtes aussi conscient que les "attentes croissantes des consommateurs" sont bien peu proportionnelles au "budget croissant" qu'ils devraient être prêts à mettre dans l'achat de leurs aliments/boissons pour exiger qu'ils soient produits en utilisant moins de produits phytos? Et vous avez dû remarquer, aussi, les difficultés qu'ont les agriculteurs à bénéficier des aides à la conversion bio, par exemple, et vous avez donc dû comprendre que si ni les consommateurs, ni les pouvoirs publics ne sont prêts à aider correctement les agriculteurs qui ont l'obligation de "répondre aux attentes des consommateurs", alors d'une part les agriculteurs ne seront plus en mesure de produire ce qu'attendent les consommateurs, et mettront la clé sous la porte (ou se suicideront, comme bien souvent). Et d'autre part, les consommateurs consommeront des produits importés mais étiquetés bio sans avoir conscience que le bio qui vient d'ailleurs que dans l'UE est aussi peu préservé de produits phytos que le conventionnel de l'UE, mais cela correspondra au budget qu'ils sont prêts à mettre dans l'alimentation/la boisson.
craoux Le 12 septembre 2019 à 14:40:20
VignerondeRions ... je ne m'accrocherai pas à ce coup de griffe un peu trop facile ("râleurs" ou "grincheux") ... et regrette quand même que vous rameniez en fin de votre commentaire le dialogue ou le débat (toujours nécessaire) à quelque chose du genre " bah fais-le toi, on verra si t'es cap ! " .. Bon laissons cela. Vous ne pouvez pas contester qu'il y a désormais des études qui attestent de la dangerosité des phytos, de l'agrochimie. Pour autant qu'on soit d'ailleurs informés complètement. Il n'est donc pas déraisonnable d'attendre du monde paysan qu'il comprenne et accepte la nécessité, et l'urgence, à opérer la mutation radicale de ses pratiques. Bien évidemment, des pratiques disons plus "vertueuses" impacteront les coûts de production. Et ceux et celles (dont moi) qui réclament et attendent ces changements devront évidemment soutenir les productions locales et être en quelque sorte solidaires du monde paysan. Et pour finir, sachez que je suis un citadin, non pas un paysan (paysan au sens "noble"). Je n'ai pas vocation à m'installer un jour pour laver plus blanc que blanc. Je le dis sans aucune volonté d'être blessant, c'est à vous les "paysans" de vous remettre en question pour répondre aux attentes croissantes des consommateurs. Et être en phase, à court terme, avec le marché.
VignerondeRions Le 10 septembre 2019 à 17:08:48
Mon cher Craoux, il y a énormément d'exploitation à vendre dans tout les domaines d'activités agricole, si la collectivité a envie de s'en emparer et de le gérer de manière collective c'est surement faisable. Si la collectivité décide de la manière dont il faudra travailler, alors j'ai peu d'espoir dans ce futur. L'histoire du Monde nous a démontré que très rapidement les populations crevaient de faim, mais surement en bonne santé puisque c'est l'objet de la contestation de l'usage des produits phytosanitaires. A tous les râleurs, grincheux qui dénoncent nos pratiques, montrez nous par l'exemple que nous avons tort, achetez des terres, retroussez vos manches et démontrez vos arguments par les faits, ce sera enfin constructif.
AS Le 08 septembre 2019 à 11:26:04
Comme les vignes ou les terres cultivable sont depuis l age des pierres sur nos exploitations bien avant les maisons et les lotisseements .Il faudra céer un NIEMASLAND de 150m du coté des arrivants en démolissant les contructions qui gènent les donneur d ordres de constructions ou de bétonnage qu ils prennent leurs résponsabilité ils ont rempli bien leurs poches
AS Le 08 septembre 2019 à 11:25:32
Comme les vignes ou les terres cultivable sont depuis l age des pierres sur nos exploitations bien avant les maisons et les lotisseements .Il faudra céer un NIEMASLAND de 150m du coté des arrivants en démolissant les contructions qui gènent les donneur d ordres de constructions ou de bétonnage qu ils prennent leurs résponsabilité ils ont rempli bien leurs poches
craoux Le 07 septembre 2019 à 09:32:21
Pourquoi les terres agricoles d'une commune sont-elles devenues le pré-carré des agriculteurs ? ... Pourquoi et comment ont-elles pu devenir la "propriété" d'une petit frange de la population ? ... Oui, je souhaiterais qu'on m'explique l'enchaînement des processus historiques (liés au droit de propriété) qui nous conduit à constater, en 2019, que grosso modo 75 à 80 % des terres d'une commune sont détenues par une très faible minorité d'acteurs locaux à savoir les agriculteurs ! Pourquoi les agriculteurs n'exercent-ils pas leur activité en louant des terres à leur commune (qui gérerait une réserve foncière de la SAU accessible) ? ... Je me pose ces questions car je ne supporte pas de constater que le monde agricole s'offusque du "droit" d'ingérence que veut exercer la société civile sur ses pratiques étant entendu qu'il considère être "chez lui" - sur ses terres - lorsqu'il balance ses produits phytos ! Il conviendrait seulement de rappeler à chaque agriculteur que ni le faire valoir direct ni le métayage ni le fermage ne l'autorisent à pouvoir s'affranchir de pratiques (plus) vertueuses pour le bien commun, notre environnement immédiat et "notre" planète.
AS Le 07 septembre 2019 à 07:16:09
Les cultures et vignes sont la depuis l age des pierres les maisons ou les lotissements ont été autorisé de simplanter à coté des cultures .Au lieu de crer un NIEMASLAND du coté des cultures ils faut le faire du coté dernier venu (coté maison ou lotissement )les donneur d autorisation se sont mis plein les po--es qu ils assument trés simple juste retourner le coté
Corbières Le 06 septembre 2019 à 15:56:24
il va aussi falloir interdire aux promeneurs de venir se mettre en danger en venant à moins de 150 mètres des parcelles cultivée si on veux rester dans une logique de principe de précaution ... devenons aussi intégristes que les plus illuminés de nos detracteurs.
bourvil Le 06 septembre 2019 à 15:13:58
C'est lors de l'élaboration des plans d'urbanismes qu'il faut déterminer les chartes et les zones et non pas par la suite comme c'est trop souvent le cas. Il faut des politiques forts pour faire face à toutes les pressions qui subviennent lors des débats concernant ces sujets.
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