LE FIL

Costières de Nîmes

Une cinquantaine d’hectares touchés par le feu

Vendredi 02 août 2019 par Alexandre Abellan

Si l’incendie de Générac aura été particulièrement impressionnant, aucune victime n’est à déplorer.
Si l’incendie de Générac aura été particulièrement impressionnant, aucune victime n’est à déplorer. - crédit photo : SDIS 30
L’incendie criminel a brûlé des rangs de vignes et échaudé des raisins. Les produits largués par les pompiers pour contrôler les flammes auraient aussi un impact.

« Six viticulteurs sont concernés par l’incendie d’une partie de leurs parcelles. Mais ils doivent d’abord reposer les pieds sur terre avant d’estimer les dégâts sur leurs vignobles. Ils sont contents d’avoir sauvé leurs peaux, leurs matériels, leurs chais… » rapporte Guy Marjollet, le directeur adjoint de la Chambre d’Agriculture du Gard. Ayant touché le sud de l'appellation Costières de Nîmes, l'incendie pourrait touché plus d'exploitations estime le vigneron Éric Nègre, référent pour cet incendie de la Fédération Départementale des Syndicats d'Exploitants Agricoles du Gard (FDSEA 30).

D'origine volontaire selon le procureur de Nîmes, le feu de forêt déclenché ce 30 juillet sur les communes de Générac et de Saint-Gilles impressionne par sa violence : 500 hectares ont brûlé en trois jours, dont 350 à 400 ha de pinèdes rapporte le commandant Jacques Pagès, des sapeurs-pompiers du Gard (SDIS 30). Ayant mobilisé 490 pompiers et 140 véhicules le premier jour, l'incendie a été incontrôlable du fait des conditions météorologiques (formation d'un pyrocumulus, avec changements de vents et feu tournant). Alors que des reprises et points chauds mobilisent encore une centaine de pompiers aujourd'hui, le feu a eu le temps de ravager des prairies, des parcours pastoraux, des oliviers, des pêchers, des truffiers… Et de dévaster des vignes, qui ont subi la violence des flammes.

Difficiles estimations

En cours de cartographie, les dégâts s’annoncent difficiles à estimer. « A vu de nez, on parle d’une cinquantaine d’hectares de vignes touchées par l’incendie et ses effets indirects » explique Guy Marjollet, précisant que « certaines parcelles ont partiellement brûlés, d’autres vignes ont été touchées par les fortes températures à proximité et il y a des produits retardants qui ont largués par les canadairs et dont on ne connaît pas la toxicité. On ne sait pas quelle quantité de raisins ne pourra être vendangée. » Soulignant ne jamais avoir vu de végétaux mourir après l'aspersion par du retardant, le commandant Jacques Pagès explique qu'un retardant est « un liquide visqueux chargé en argile. Ce n'est pas forcément un produit toxique, mais il est très coloré. Sa marque rouge est tenace au sol. »

"Surtout de l'échaudage"

« On voit surtout de l'échaudage et des brûlures sur les raisins » ajoute Éric Nègre, soulignant qu'après le gel d'avril et l'échaudage de juin, cet incendie est un nouveau « coup de ciseau » violent pour la production gardoise. Qui craint désormais la sécheresse : « nous n'avons eu que 150-160 mm de pluie depuis le début de l'année... On a eu deux grosses canicules, les vignes tirent la langue et la véraison est lente. Tout est très sec, ce qui explique qu'à la moindre étincelle, tout flambe. »

 

« Sans minimiser ce feu, nous avons déjà affronté des superficies plus importantes. Mais on va se rappeler de cet incendie, de sa violence et de la particularité de ses inversions de vents marquées » note le commandant Jacques Pagès. Photo : SDIS 30.

RÉAGISSEZ A L'ARTICLE

Recopier le code :
Processing
VOS RÉACTIONS
Guy Marjollet Le 03 août 2019 à 22:17:49
tout ceci était vendredi à 14h : depuis 2 autres incendies ont eut lieu à proximité , aux conséquences beaucoup plus fortes , alourdissant hélas lourdement l'impact sur les activités viticoles et agricoles.
Patrice Le 02 août 2019 à 17:35:03
Par expérience. Je précise que le risque d'enrichissement de la vendange en dyoxcine est élevé
Voir toutes les réactions
© Vitisphere 2019 - Tout droit réservé