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C’est signé !

La coopération s’engage dans la certification environnementale

Lundi 01 juillet 2019 par Marion Sepeau Ivaldi

Le président des Vignerons coopérateurs de France signe la charte d'engagement pour l'environnement, co-signée par Didier Guillaume, ministre de l'Agriculture, et Gérard Bancillon, président de la Confédération des IGP de France.
Le président des Vignerons coopérateurs de France signe la charte d'engagement pour l'environnement, co-signée par Didier Guillaume, ministre de l'Agriculture, et Gérard Bancillon, président de la Confédération des IGP de France. - crédit photo : Marion Sepeau Ivaldi
Lors de leur assemblée générale qui s’est tenue à Marciac (Gers) le 27 juin, les Vignerons coopérateurs ont signé une charte d’engagement environnementale avec la Confédération des vins IGP et le ministère de l’Agriculture.

En présence du ministre de l’Agriculture, Didier Guillaume, Boris Calmette, président des Vignerons coopérateurs et Gérard Bancillon, président de la Confédération des vins IGP de France ont signé une charte d’engagement environnementale. Celle-ci prévoit qu’à échéance de 5 ans, 100 % des coopératives seront engagées dans la certification environnementale (au minimum de niveau 2) ou en agriculture biologique et que 50 % des entreprises coopératives seront certifiées HVE ou Bio. Cet engagement complète celui des IGP qui ont annoncé lors de leur dernier congrès que 60 % des 75 IGP viticoles intégreront au minimum dans leur cahier des charges une référence à l’obtention, pour les producteurs, d’une certification environnementale de deuxième niveau (toujours à horizon de 5 ans).

40 000 exploitations concernées

En marge du congrès, Boris Calmette a tenu à souligner la nécessité d’accompagner cet engagement. « Il va concerner 40 000 exploitations. Cela va introduire beaucoup de changement, ne serait-ce que par le besoin en nombre d’auditeurs. C’est un nouveau marché qui se crée, nous aurons besoin de l’Etat là-dessus. Nous aurons également besoin d’embaucher des techniciens pour accompagner les viticulteurs sur les changements de pratiques. Nous réfléchissons d’ailleurs à créer des groupements d’employeurs entre plusieurs coopératives pour embaucher ces techniciens » a-t-il expliqué. Ce dernier a également insisté, dans son discours, sur la nécessité que soit rationalisé le coût de la certification HVE et que le ministère de l’Agriculture prête attention à ce que ces certifications ne créent pas de distorsion de concurrence avec des produits importés.

Ratification des accords du Mercosur

Cette question faisait échos à une autre actualité importante du 27 juin : l’accord du Mercosur. A la sortie du congrès, Jérôme Despey, président du comité vin de FranceAgriMer, expliquait ainsi : « Les vignerons français ne souhaitent pas que des produits issus d’une agriculture que nous ne voulons pas, soient importés en Europe » a réagi le responsable syndical, tout en reconnaissant que le marché du Mercosur pouvait représenter une opportunité commerciale pour les vins européens. Didier Guillaume a rappelé qu’il était nécessaire que la totalité des Etats Membres de l’Union Européenne ratifient le texte. Une seule opposition d’un pays pourrait bloquer le texte. Il a donc appelé à ce que les organisations syndicales prennent connaissance du texte et soient « vigilantes » pour alerter le ministère de l’Agriculture sur les sujets de désaccords. « Nous devons être durs sur les standards des produits importés » a-t-il également estimé, martelant également « je vais tout faire pour que vous ne soyez pas les dindons de la farce ! »

Appel au décaissement des enveloppes OCM

Le ministre a également été interpellé sur une autre sujet qui fâche : le décaissement de l’enveloppe OCM. Selon Jérôme Despey, entre 10 et 30 millions d’euros, pourraient ne pas être consommés en octobre prochain. Les fonds européens seraient ainsi perdus. « Les Vignerons coopérateurs ne comprendraient pas que la totalité de la consommation de l’enveloppe OCM ne soit pas décaissée » a alerté Boris Calmette. Les producteurs appellent à ce que les avances soient réglées rapidement et que les mesures de promotion, dont certaines remontent à 2014, soient soldées. Cherchant l’apaisement sur la question, Didier Guillaume a assuré que son « objectif était que l’argent soit dépensé ».

Défense du modèle coopératif

Enfin, Boris Calmette est revenu sur l’ordonnance de la loi EGAlim qui introduit la notion de lien commercial entre l’adhérent et sa coopérative. Le texte prévoit notamment que la responsabilité de la coopérative soit engagée dans le fait de fixer une rémunération des apports abusivement basse. Les adhérents pourraient ainsi engager des recours judiciaires en cas de rémunération jugée trop faible. Boris Calmette a rappelé l’attachement du mouvement des coopératives aux valeurs mutualistes et dénoncé un risque de fragilisation des coopératives si l’ordonnance était appliquée.  En matière de relation entre la coopérative et son adhérent, « il n’y a que quelques rares exceptions qui ne sont pas vertueuses. L’ordonnance fragilise l’immense majorité d’un système vertueux » a regretté Boris Calmette, tout en indiquant que ce n’est pas la taille de l’entreprise coopérative qui conditionne son bon fonctionnement démocratique. Rassurant, Didier Guillaume a affirmé que le gouvernement ne souhaitait pas « mettre à mal le modèle coopératif mais au contraire améliorer la transparence » tout en estimant qu’il « y avait des différences entre les grandes coopératives et les petites ». Il s’est félicité de l’avancée de la rédaction du Guide de gouvernance des coopératives, pilotée par Coop de France.

Didier Guillaume a, par ailleurs, appelé au rassemblement, invitant les coopérateurs « à co-constuire l’agriculture de demain ! » en concluant sur l’importance des initiatives de chacun. Car, a-t-il indiqué, « la venue d’un ministre, c’est du folklore ! ». Reste que les coopérateurs n’avaient pas vu un ministre à leur congrès depuis 16 ans. Folklore ou pas, sa venue a marqué les esprits.

 

 

4 lauréats au prix du numérique

A l’occasion de leur congrès annuel, les Vignerons Coopérateurs organisent un prix. Cette année, le thème était le numérique. Quatre caves coopératives se sont distinguées :

- DomBrial : communication interne avec les adhérents
- Covama : refonte de l’intranet adhérents
- Champagne Collet : dispositif de téléprésence numérique à destination des visiteurs en situation de handicap
CaveDeMontbazillac : robotique pour l'environnement

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