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Stratégie
Foncalieu voit l'avenir en rosé

Les Vignobles Foncalieu misent sur le rosé pour booster leur croissance. Ils étoffent leur gamme, qui compte déjà une vingtaine de références, avec leur premier rosé AOC Languedoc.
Par Michèle Trévoux Le 17 mai 2019
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Foncalieu voit l'avenir en rosé
De gauche à droite, Gabriel Ruestch, Michel Servage et Alexandra Ladeuil font connaitre l'ambition de Foncalieu pour les rosés. - crédit photo : Michèle Trévoux
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es Vignobles Foncalieu ont choisi leur couleur : « Cette année, nous commercialisons 7 millions de cols en rosé. Ce sera 10 millions de cols d’ici 2025 », annonce d’emblée Alexandra Ladeuil, directrice commerciale Export et Marketing du groupement coopératif audois. L’entreprise audoise avait d’abord misé sur les blancs. Dans les années 80, elle a introduit plusieurs cépages blancs dans son vignoble. « Nous avons été les premiers à planter du sauvignon et aujourd’hui, avec 500 ha en production, nous sommes le premier producteur régional de sauvignon blanc », rappelle le président Michel Servage. Cette orientation originale vers les blancs, conjuguée à cette stratégie plus récente de développement sur les rosés, confère au groupement audois un positionnement plutôt atypique dans la région : les blancs et les rosés représentent 60 % de sa production. Et aujourd’hui, c’est clairement le rosé qui tire la croissance. En trois ans, ses ventes ont progressé de 53 % en valeur. « La demande est toujours forte en France et sur certains marchés export comme les USA, elle explose », indique la directrice export. Les Vignobles Foncalieu commercialisent une vingtaine de références en rosé, à laquelle vient s’ajouter cette année, le dernier né de la gamme : Paradis Secret, le premier rosé AOC Languedoc des Vignobles Foncalieu. Une cuvée de 36 000 cols, dont 2500 ont récemment été expédiées au Japon. 

Cépages rares et variétés résistantes

Autre orientation stratégique pour le groupement audois : la mise en avant de cépages rares. « C’est un moyen de se démarquer, même si ce sont pour la plupart des micro-cuvées. Foncalieu fait ainsi un tabac avec sa cuvée 100% Albarino, cépage originaire de Galice, planté sur le vignoble de Puichéric. Il propose également un sauvignon gris, un petit verdot ou encore plus rare, un Piquepoul rosé. Cette série de curiosités s’est étoffée cette année avec une « première mondiale » : la première cuvée élaborée à partir d’Artaban, variété résistante au mildiou et à l’oïdium, développée par l’Inra. Planté en 2016 sur 1,20 ha, cette parcelle a donné naissance à une cuvée de 2 500 cols sur le millésime 2018. Un vin très fruité et léger en alcool (11,5% vol.). « L’an dernier, malgré la pression du mildiou, nous n’avons réalisé que deux traitements (mildiou et oïdium) et les vignes ont très bien résisté aux deux maladies. Il y avait une très forte production (près de 15 t/ha), mais nous avons tombé des raisins pour ramener le rendement entre 4 et 5 t/ha. Nous avons également constaté que cette variété était sensible à la carence potassique. Chaque année, nous allons tester de nouveaux modes de culture et vinification pour définir ce qui lui convient le mieux », commente Gabriel Ruetsch, agronome en charge du vignoble à Foncalieu. D’autres variétés résistantes ont été plantées plus récemment : Vidoc en 2017, Souvignier gris et Monarch en 2018 et 5 ha de Soreli seront implantés en 2020, ce qui portera alors à une dizaine d’ha la totalité des surfaces plantées en variétés résistantes.

 

Foncalieu commercialise la récolte de ses caves coopératives adhérentes, qui varie de 250 000 à 350 000 hl par an selon les années. 60% des volumes sont commercialisés en conditionné (bouteilles et BIB) , le reste étant vendu en vrac pré-mise. En 2018, le chiffre d’affaires s’élève à 52 M€ dont 70 % à l’export.    

Bio et Certification HVE

Enfin en réponse à la demande sociétale, le groupement coopératif audois, qui compte 4000 ha sur l’Aude et l’Hérault, encourage ses adhérents à se convertir à des pratiques éco-responsables : 31 ha sont labellisés en bio et 158 sont en cours de conversion. « Pour ceux qui hésitent car ce n’est pas simple de passer au bio, nous recommandons la certification HVE, qui est un premier palier plus simple d’accès », indique Michel Servage. 1000 ha devraient obtenir la certification d’ici la fin de l’année.

 
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