LE FIL

Dégâts diffus

Gelées localisées dans tout le vignoble bordelais

Lundi 15 avril 2019 par Alexandre Abellan

« Il est très difficile d’estimer les taux de pertes, très variables et diffus » rapporte Philippe Abadie.
« Il est très difficile d’estimer les taux de pertes, très variables et diffus » rapporte Philippe Abadie. - crédit photo : Château Montlau
Précoce, le millésime 2019 commence par un premier gel généralisé sur le département girondin. Un coup de semonce aux impacts a priori limités.

Ce 13 avril, les températures matinales négatives ont recouvert la quasi-totalité du vignoble bordelais, exposant les premières feuilles étalées de merlot et de sauvignon blanc à la morsure du froid. « Diffus, les dégâts sont répartis sur tout le vignoble. En Graves, Médoc, Libournais, Blayais… » rapporte Philippe Abadie, directeur du service viticulture de la Chambre d’Agriculture de Gironde. Si une enquête recense actuellement les dégâts, « ce gel a été ponctuel. Quelques parcelles sont complètement ravagées, mais les premiers dégâts rapportés sont peu élevés. Ce n’est pas la situation de 2017 » analyse Philippe Abadie.

Brûlures

Ponctuels, ces dégâts peuvent avoir des impacts individuels déjà forts. « On ne s’y attendait pas sur les parcelles touchées, qui ne sont pas gélives. La Dordogne en bordure n’a pas fait remonter de chaleur. Avec l’humidité, la température à -1 °C a causé des gelées blanches sur 30 hectares » témoigne Armand Schuster, le propriétaire du château Montlau (130 ha en AOC Bordeaux et Bordeaux Supérieur). Assuré contre les aléas climatiques depuis son installation en 2016, le vigneron n’a pas déployé de systèmes de protection au vu de la taille de son exploitation. Il estime ses pertes à 70 % sur ses parcelles touchées : « les feuilles sont brûlées et les bourgeons sèchent… »

Le souffle du boulet a été senti dans tout le vignoble. « On a eu bien peur, mais le brouillard du plateau de Cérons nous a protégé et nous sommes passés au travers » soupire Aurélia Souchal (domaine de la Solitude, Graves). « Nous avons eu un coup de bol, ça s’est joué à quelques degrés près. Avec plus d’humidité, les dégâts auraient été importants » renchérit Stéphane Héraud, le président de l’union coopérative de Tutiac (4 000 ha en Gironde).

"Risques jusqu’au 5 mai"

Alors que la douceur des prochains jours doit permettre de voir l’évolution des dégâts, les craintes ne sont levées que temporairement. « On savait que le mois d’avril serait très long » souffle Armand Schuster, pour qui « on est exposé [aux risques gélifs] jusqu’au 5 mai ».
 



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