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Languedoc

La vigne a 10 à 15 jours d'avance !

Jeudi 28 mars 2019 par Michèle Trévoux

Dans certains secteur très  précoces, comme ici sur cette parcelle à Pignan dans l’Hérault, ce mardi 26 mars, les grappes commencent à être visibles. Un cas très exceptionnel. Dans la majeure partie du vignoble, le débourrement démarre.   Dans certains secteur très précoces, comme ici sur cette parcelle à Pignan dans l’Hérault, ce mardi 26 mars, les grappes commencent à être visibles. Un cas très exceptionnel. Dans la majeure partie du vignoble, le débourrement démarre. - crédit photo : Michèle Trévoux
Le débourrement est bien engagé dans le vignoble languedocien. Les températures exceptionnellement élevées de ce printemps 2019 ont accéléré le développement végétatif de la vigne, qui a 10 à 15 jours d’avance par rapport à l’an dernier. Le déficit hydrique devient préoccupant.

Coup d’accélérateur pour le cycle végétatif de la vigne en Languedoc-Roussillon. Le week-end dernier, les températures maximales ont dépassé les 26°C, dépassant de 10°C les normales saisonnières. Une douceur qui stimule la pousse de la vigne. « Dans les parcelles les plus précoces, les chardonnay en côteaux par exemple, nous en sommes au stade 2-3 feuilles étalées. Dans les zones intermédiaires, c’est le stade pointe verte et dans les secteurs les plus tardifs, les vignes en sont au stade « bourgeons dans le coton ». Il y a eu une nette accélération après la chaleur du week-end. Aujourd’hui, la moitié du vignoble héraultais a débourré », a constaté Thomas Gauthier, consultant viticole à l’ICV, lors de sa tournée ce lundi 25 mars. « Pour le moment, nous avons 10 à 15 jours d’avance par rapport à l’an dernier. Nous n’atteignons pas la précocité de 2017, mais ce qui a démarré pousse très vite. Si nous restons sur des températures aussi élevées, ça pourrait s’accélérer », observe de son côté Bernard Genevet de la Chambre d’agriculture du Gard. Dans l’Aude, la situation est hétérogène d’un secteur à l’autre. Giacomo Pinna, consultant viticole à l’ICV, estime que 10 à 15% du vignoble a bien démarré, avec une avance d’une dizaine de jours sur l’an dernier. 

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Fort déficit hydrique

Cette croissance active pourrait cependant être contrariée par le fort déficit hydrique. « Nous n’avons quasiment pas eu de pluie depuis le mois de novembre. Les sols sont très secs en surface. Au débourrement, c’est le système racinaire le plus superficiel qui s’active. S’il ne pleut pas dans les prochaines semaines, le développement végétatif de la vigne va en pâtir et risque d’être hétérogène. En 2014, on avait même observé des arrêts de croissance de la vigne avant la floraison", souligne Jacques Rousseau, responsable des services viticoles à l’ICV. On n’en est pas là car la région a bénéficié d’une bonne pluviométrie à l’automne, ce qui n’avait pas été le cas en 2013. Mais depuis le mois de novembre, les pluies se sont font rares. Sur les quatre derniers mois, il n’est tombé que 110 mm à Perpignan, 138 mm à Carcassonne, 164 mm à Bézier, 177 mm à Montpellier, 254 mm à Nîmes. Ce déficit hydrique est également problématique pour le désherbage : « En cas de contrainte hydrique, les désherbants de pré-levée sont moins efficaces », prévient Bernard Genevet. En revanche, la présence d’eau dans le sol étant favorable aux gelées blanches, les risques de gel sont plus limités cette année, observe Thomas Gauthier.

Des plannings bousculés

Cette précocité bouscule les plannings de travail. Alors que certains n’ont pas encore fini de tailler, il faut d’ores et déjà prévoir les premiers traitements, à commencer par l’excoriose, dont le traitement est à positionner au stade débourrement- pointe verte et 2-3 feuilles étalées. « Pour les vers de la grappe, les premiers vols vont démarrer avec une quinzaine de jours d’avance sur l’année dernière. La pose des diffuseurs pour la confusion sexuelle doit se faire dans les tous prochains jours. Compte tenu de cette situation de sécheresse, le risque mildiou est très faible. En revanche, il faudra être prêt pour les premiers traitements contre l’oïdium, à positionner au stade 3 à 5 feuilles étalées, donc dans environ 3 semaines pour les secteurs les plus précoces », rappelle Jacques Rousseau.

 Au domaine Belle Mare à Mèze, le directeur Benjamin Baudry a tout juste fini de tailler les 60 ha de vigne que compte le domaine. « On n’a pas fini de plier. Nos vignes les plus précoces, chardonnay et alicante pour la plupart, sont au stade 2 feuilles étalées. Ça va être juste pour démarrer les premiers traitements la deuxième quinzaine d’avril. Mais on sera prêt », affirme-t-il confiant. 

Mildiou : les oeufs sont murs !

Les oeufs d'hiver de mildiou sont arrivés à maturité comme le montre la carte réalisée par Promété. "L'année est marquée par un passage sans transition entre le moment où le risque de gel est élevé et celui où il faut suivre le mildiou" constate Edouard Loiseau, président de Promété.

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