LE FIL

Remis en selle

L’union fait la force de vente du salon des vins de Loire

Mercredi 06 février 2019 par Alexandre Abellan

À Angers chaque début février, l’objectif des salons est que chacun trouve son intérêt individuel dans une organisation collective.
À Angers chaque début février, l’objectif des salons est que chacun trouve son intérêt individuel dans une organisation collective. - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
Reprenant du poil de la bête, le salon des vins de Loire affiche un dynamisme retrouvé. Qui se structure autour d’une offre d’évènements off aussi concentrée dans le temps que diversifiée dans les approches.

« Il ne faut plus se comparer aux autres salons du vin, mais au festival d’Avignon. Il a tiré la tronche quand les offs ont essaimé autour de lui, mais il n’aurait désormais plus de sens s’il n’y avait que l’évènement on » : déclinées sur tous les tons, cette comparaison est revenue en boucle durant cette trente-troisième édition du salon des vins de Loire (du lundi 4 au mardi 5 février au parc des expositions d’Angers). Soutenu par le nouveau souffle trouvé par l’évènement angevin, ce parallèle théâtral témoigne d’une densification de l’écosystème angevin : 1 000 opérateurs accueillent 11 à 13 000 visiteurs lors de 7 évènements disséminés sur 4 jours (du samedi au mardi de début janvier).

La pression export de Prowein l’ayant rendu moins international et la concurrence de Vinovision ayant fait fuir ses grands opérateurs, le salon des vins du val de Loire a été mis à rude épreuve ces dernières éditions. « Il y a eu une période de turbulences, avec des trous d’air qui nous ont fragilisés. Mais nous ne nous sommes pas écroulés » pose Éric Grelier, le président de la Chambre du Commerce et de l’Industrie du Maine-et-Loire. L’organisateur du salon estime désormais « finie la période de mutation et d’instabilité, nous reprenons une dynamique ».

+20 % exposants

Maintenant son visitorat, le salon des vins de la Loire a surtout réuni 340 exposants, en hausse de 20 % du nombre en un an (et +50 % en deux ans). Si les réservations de stand sont en partie facilitées « maintenant que les impacts climatiques sont derrière nous », comme en témoigne la vigneronne Delphine Cadoux du domaine le Portail (Cheverny), ce regain d’exposants est aussi la marque d’un attachement local à un évènement emblématique (comme cela était visible lors de l’édition 2018).

« On a un effet régional, comme le grand Ouest est le secteur commercial des vins de Loire, le salon favorise la proximité avec le client existant » rapporte Marie-Anne Simonneau, l’animatrice du syndicat viticole de Saumur-Champigny. Qui salue le passage à deux jours du salon, même si « le lundi est plus actif en termes d’acheteurs, alors que le mardi amène plus de fournisseurs et autres professionnels (notamment du marketing et de l’œnotourisme). « Le mardi semble remplacer en partie le mercredi » renchérit le vigneron Mickaël Picard, du domaine Jean-Paul Picard (en Sancerre et Menetou-Salon). Qui note qu'après avoir « vu pendant des années le salon se rétrécir, là on sent qu’il y a plus d’exposants. C’est un bon point, même si les allées restent clairsemées. »

"Répondre aux besoins des acheteurs"

Rassurés sur la tournure de leur salon régional, les vignerons de Loire relient ce rétablissement à l’accueil depuis 2016 des évènements de la Levée de la Loire et de Demeter au sein du parc des expositions. Le premier « off » réunissant 227 exposants essentiellement bio de Loire et le second 98 exploitations en biodynamie du monde entier. Avec le salon des vins de Loire, « nos offres sont complémentaires. À part d’irréductibles qui veulent la friction, on est tous sur le même marché et nous devons répondre aux besoins des acheteurs » analyse Sébastien David, le président du syndicat Loire Vin Bio, qui organise la Levée.

« L’objectif est de concentrer les rendez-vous sans se marcher sur les pieds » renchérit Hélène Darras, la référente vin de l’association Demeter. Qui ajoute « attirer un autre visitorat avec la bio et la biodynamie. Entre tous les salons de cette période, l’objectif est de se renforcer. Nous avons des exposants qui sont le dimanche aux Greniers Saint-Jean et sur Demeter le lundi. » Tout en étant autonomes, tous les offs se placent dans un écosystème interdépendant. « Il n’y a jamais eu de concurrence frontale et avérée avec le salon des vins de Loire » confirme Sylvie Augereau, l’organisatrice du vingtième salon de la Dive Bouteille, qui se sent aussi fière qu'« hyper contente de faire partie de l’histoire de la Loire ».

Comité de pilotage

« Les offs démultiplient l’offre. Riche, elle n’est pas formatée » résume Anne Boussion, la directrice des salons du Parc des Expositions d’Angers, pour qui l’enjeu de tous ces évènements tient moins à un positionnement sur un type de production* qu’au « cadre que l’on souhaite pour recevoir ses clients, du niveau de confort pour la dégustation : les salons ont des offres différentes. » Pour appuyer cette synergie, un comité d’orientation stratégique vient d’être lancé pour le salon des vins de Loire. Il doit notamment améliorer l’expérience utilisateur et suivre les nouvelles tendances de consommation et de production. Afin d’accentuer la richesse et la pertinence de la programmation dirait-on au festival d’Avignon.

 

* : 30 % des exposants du salon des vins de Loire étant certifiés (en bio, biodynamie, Haute Valeur Environnementale…).

 

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