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L’Inao esquisse un cahier des charges de production de plants bios

Jeudi 10 janvier 2019 par Christelle Stef

En 2035, les viticulteurs bio devront utiliser des plants biosEn 2035, les viticulteurs bio devront utiliser des plants bios - crédit photo : Christelle Stef
Lors d’un colloque organisé par la Fnab le 9 janvier, l’Inao a présenté son projet de cahier des charges pour l’élaboration de plants bio.

Quels plants pour la filière bio demain ? Tel était le thème du colloque qu’a organisé la Fnab (Fédération nationale de l’agriculture biologique) le 9 janvier à Paris. Une centaine de viticulteurs bio, de pépiniéristes et de techniciens y participaient.

Préparer les enjeux de demain

Aujourd’hui, il n’existe pas de filière de plants bios. Les producteurs bio bénéficient donc d’une dérogation et utilisent des plants traditionnels. Mais avec l’entrée en vigueur du nouveau réglement bio, les choses vont changer. A partir de 2035, les viticulteurs bio seront obligés de recourir à des plants bios. « Il est nécessaire d’anticiper ces évolutions réglementaires, d’une part pour garantir une offre en plants bio de qualité pour ne pas créer de crise sanitaire ;  et d’autre part pour maintenir et même améliorer la qualité des vins bios produits », a insisté Félix Lepers, chargé de mission réglementation à la Fnab. La filière commence donc à plancher sur le sujet, l’objectif étant « d’arriver à un cadre de production qui répond aux exigences de toutes les parties prenantes », a expliqué Sylvie Dulong, secrétaire nationale viticulture à la Fnab.

Dessine-moi un plant bio

Lors de ce colloque, plusieurs ateliers ont permis de dessiner plus précisément les enjeux de la création de plants bios. Dans un premier atelier, la question de la définition d'un plant bio était posée. Il est en ressorti que les producteurs voulaient non seulement un plant bio élaboré sans intrants chimiques mais aussi un plant élaboré selon des conditions spécifiques, comme par exemple le palissage des vignes-mères de porte-greffes.

Lors d’un autre atelier, Mélanie Vanpraët, référente AB à l’Inao a donné les premières esquisses du cahier des charge que l’Institut est train d’élaborer en lien avec la DGAL au sein d’un groupe de travail qui inclus les pépiniéristes. Ce cahier des charges doit allier les règles de l’AB et la sécurité sanitaire. Pour les greffons, l’experte a expliqué que la production actuelle était compatible avec les principes de l’AB. En revanche, pour les porte-greffes, l’Institut prévoit un cahier des charges spécifiques pour les vigne-mères qui se situent dans le périmètre de lutte obligatoire de la flavescence dorée (soit 73 % du parc) avec trois traitements depyrèthre et un traitement à l’eau chaude des bois. Pour le nettoyage des yeux, le greffage, le paraffinage, la chauffe et le stockage, l’Institut prévoit l’établissement de règles pour le contrôle et pour les intrants. Par exemple, le paraffinage devra se faire sans hormone. Les pépiniéristes pourront produire des plants bios et des plants traditionnels sous réserve d’une séparation dans le temps et dans l’espace.

Pour les pépinières, l’Inao a pointé la nécessité de faire évoluer la réglementation pour permettre un éloignement de 500 m de tout pied de vigne, trois traitements au pyrèthre et un traitement à l’eau chaude. Le cahier des charges imposera aussi aux viticulteurs de commander les plants 18 mois à l’avance. Aujourd’hui, les choses ne sont pas finalisées. L’Inao continue de travailler sur l’écriture de ce cahier des charges qui devra ensuite être validé par la CNAB et par la DGAL. A suivre.

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