LE FIL

Bouchons et capsules font bon ménage

Les échantillons Vinotte remportent le prix de l'innovation Amorim

Jeudi 22 novembre 2018 par Alexandre Abellan

« Innover, c’est s’inscrire dans la marche du temps » estime Joachim Amorim, le vice-président du groupe Amorim, remettant leur prix à Grégoire Henry et Tristan Destremau ce 21 novembre au parc des expositions de Bordeaux.« Innover, c’est s’inscrire dans la marche du temps » estime Joachim Amorim, le vice-président du groupe Amorim, remettant leur prix à Grégoire Henry et Tristan Destremau ce 21 novembre au parc des expositions de Bordeaux. - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
Le processus de reconditionnement des bouteilles classiques en petits contenants de la start-up lyonnaise Vinovae est récompensé pour sa réalisation technique et sa pertinence commerciale.

« Amorim est un bouchonnier sympa, il récompense des capsules à vis ! » s’amuse la journaliste Ophélie Neiman, présidente du comité de sélection du prix de l’innovation et du développement de la fondation Amorim. Accompagné de son chèque de 5 000 euros, le trophée 2018 en liège a été remis ce 21 novembre à la start-up Vinovae, qui propose de reconditionner une bouteille de vin en 36 Vinottes, de petites bouteilles en PET et à capsule à vis, faisant office d’échantillons de vins et spiritueux. « On fait tourner à notre manière Amorim avec toutes bouteilles que l’on débouche » précisent les fondateurs, Grégoire Henry et Tristan Destremau.

Créée en 2016, l’entreprise lyonnaise commercialise sa solution (ce qui est un critère clé du prix*). La start-up s’enorgueillit d’utiliser un processus breveté pour préserver le profil organoleptique des vins lors du transfert du grand contenant aux petits. Pour protéger les vins de l’oxygène, l’ouverture des bouteilles de 75 centilitres et le remplissage des 36 échantillons de 2 cL se font sous une atmosphère protectrice (avec un gaz inerte : argon, CO2, diazote…).

"C’est un outil commercial"

Faisant office de doses individuelles, les Vinottes sont au vin ce que les échantillons de parfum sont à la cosmétique. Que ce soit pour le grand public chez un caviste ou pour un acheteur professionnel sur un salon professionnel. « C’est un outil commercial : il n’y a pas un caviste qui référence un vin sans l’avoir goûté » souligne Tristan Destremau. Qui précise que les Vinottes permettent à un vigneron ou un négociant de divise par dix ses frais d’expédition en France et à l’étranger. L’entrepreneur calcule ainsi qu’avec un budget de 1 000 € d’envoi d’échantillons, un format classique 75 cL limite les expéditions à 90 bouteilles (pour un coût unitaire de 11 €), alors que les Vinottes permettent d’en envoyer 379 flacons (pour 1,16 € de frais d’envoi et 1,48 € de prestation à Lyon).

Au-delà de la prospection et de la communication par la dégustation, les Vinottes permettent de réduire l’empreinte carbone et le gâchis des envois de bouteilles de vin souligne Ophélie Neiman. Qui se rappelle des dégustations pour des foire aux vins avec ces échantillons réduisant le gaspillage des bouteilles entamées à la suite, et jamais finies. Le recours à « Vinotte est plus respectueux du travail du vigneron » estime la journaliste.

Formation à distance

En termes de positionnement, « on [reconditionne] des vins allant de trois à 1 500 euros la bouteille » rapporte Grégoire Henry, pour qui la technologie est adaptée pour tous les produits. Ce qui ouvre des marchés inattendus, comme la formation à distance. Vinovae vient de passer un partenariat avec le WSET pour fournir des coffrets de dégustation aux élèves des niveaux 1 à 4.

 

* : 14 candidats étaient en lice cette édition. Il y avait parmi ces dossiers « beaucoup d’applications numériques pour cerner le profil des produits et consommateurs, on a choisi un objet… de petites bouteilles » précise Ophélie Neiman, qui a placé ce prix en hommage au défunt Robert Tinlot, qui a présidé le jury de ce concours.

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