LE FIL

PAC 2020

Il n’y a pas de risque de fongibilité du budget vin

Vendredi 02 novembre 2018 par Marion Sepeau Ivaldi

Michel Dantin et Eric Andrieu entouré de Herman Ojeda, directeur de l'Unité de Pech Rouge et Raimonda Serra, chef adjoint de l'unité chargée des 'Vins, spiritueux et produits horticoles' à la DG Agri de la Commission européenne.Michel Dantin et Eric Andrieu entouré de Herman Ojeda, directeur de l'Unité de Pech Rouge et Raimonda Serra, chef adjoint de l'unité chargée des 'Vins, spiritueux et produits horticoles' à la DG Agri de la Commission européenne. - crédit photo : Marion Sepeau Ivaldi
Intervenant à Narbonne sur « Le secteur du vin dans la politique agricole commune Post 2020 », Eric Andrieu et Michel Dantin sont revenus sur plusieurs points de l’avenir de la PAC, dont le transfert de l’OCM dans les plans stratégiques.

C’est un des points qui questionne les organisations professionnelles françaises : le transfert de l’OCM vin dans les plans stratégiques (proposé par la Commission européenne) risque-t-il de porter atteinte au budget d’aides dédiées au vin ? « Lors du dernier comité vin de FranceAgriMer, la DGPE est intervenue sur ce point et nous a alerté sur le fait qu’il y ait un risque de fongibilité du budget » a expliqué Jean-Marie Fabre, le 30 octobre lors du débat sur l’avenir du vin dans la réforme de la PAC avec Eric Andrieu et Michel Dantin, députés européens. En clair, en mettant le vin avec tous les autres programmes de soutien agricoles, ne pourrait-il pas y avoir des transferts d’enveloppes prévues pour soutenir le secteur vitivinicole vers d’autres filières agricoles françaises. Pour Michel Dantin, ce risque est complètement exclu. « Ce risque n’existe pas car le budget consacré au vin est inscrit dans une annexe, donc intouchable ! » a-t-il martelé.

Des propositions sur les autorisations de plantation

Le débat de Narbonne a également été l’occasion pour Eric Andrieu de présenter dans le détail les propositions de son rapport sur l’OCM remis le 29 octobre. En plus de traiter de l’étiquetage nutritionnel et des ingrédients du vin, le député européen propose de faire disparaître la date limite d’application du régime des autorisations de plantation. Ce régime de gestion du marché pourrait alors perdurer au-delà de 2030 contrairement à ce que la réglementation prévoit. Par ailleurs, le député soutient la proposition de la Commission d’améliorer la flexibilité de l’augmentation des surfaces plantées en assouplissant le mode de calcul du nombre d’autorisations de plantation. Enfin, le député propose que le mécanisme de gestion des attributions des autorisations de plantation soit, en plus d’un partage national, géré au niveau régional. Ceci permettrait notamment d’éviter les mécanismes de spéculation que Cognac a pu connaître.

Les cépages résistants

Eric Andrieu ne revient pas sur la proposition de la Commission qui vise à autoriser Vitis Labrusca et les cinq cépages interdits. La Commission souhaite également permettre aux AOP d’utiliser les cépages hybrides résistants. « Nous laissons aux producteurs, via les cahiers des charges, le choix de déterminer le pourcentage d’hybrides dans leurs AOC » a expliqué Raimondo Serra, de la DG Agri, en marge de la rencontre de Narbonne. Eric Andrieu soutient cette proposition, une position qui n’était pas celles des professionnels viticoles qui souhaitaient limiter l'introduction de ces nouvelles variétés dans les appellations d'origine protégées.

 

 

Les réponses à vos questions

Question à Michel Dantin sur les aides à la viticulture de Côteaux :

Le député s’est montré tout à fait à l’écoute et prêt à soutenir une disposition visant à soutenir la viticulture de coteaux. « Reste à savoir s’il faut répondre dans le cadre d’une MAE ou d’un classement en ICHN. J’attends de voir les propositions du secteur pour amender le texte ! »

 

Question à Eric Andrieu sur l’autorisation de l'électrodialyse en matière de vinification biologique : 

« Le règlement portant sur la vinification biologique a été voté le 30 mai 2018 » rappelle Eric Andrieu. Ce règlement a exclu l’électrodialyse comme procédé physique de stabilisation tartrique pour la vinification des vins biologiques. « J’étais favorable à cette méthode » explique-t-il. Mais, esseulé dans ce combat, il n’a pu remporter la majorité du trilogue. En effet, des voix se sont élevées pour expliquer que l’électrodialyse modifie les qualités organoleptiques et biochimiques du vin.

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