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Bulles rosées

Nouveau coup-dur pour le syndicat de la Clairette de Die

Vendredi 02 novembre 2018 par Juliette Cassagnes

Le syndicat de la Clairette de Die reste toujours en attente de trouver une solution pour produire des effervescents rosésLe syndicat de la Clairette de Die reste toujours en attente de trouver une solution pour produire des effervescents rosés - crédit photo : J Cassagnes
La solution de repli trouvée par le syndicat, à savoir celle de commercialiser l'ex-Clairette de Die rosée en vin effervescent sans IG, a échoué.

Depuis la décision du Conseil d'Etat du 12 janvier 2018, les producteurs de Clairette de Die n'ont plus le droit d'élaborer de la Clairette rosée. Le syndicat avait donc trouvé comme solution de repli de commercialiser cette production en vin effervescent sans indication géographique. Pour ce faire, l'organisation devait au préalable annuler une loi datant de 1957 interdisant aux vignerons de produire des vins mousseux autres que la clairette et le crémant à l'intérieur de l'aire d'appellation. Un article de loi abrogeant celle-ci avait donc été glissé dans le projet de Loi Egalim, actuellement en préparation par le gouvernement.

"Pas de déclassement en VSIG"

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Le Conseil constitutionnel en a finalement décidé autrement : dans son rendu du 25 octobre 2018, il invalide certains articles de la loi Alimentation et notamment l'amendement des producteurs de Clairette de Die. « Nous étions pendus à cette décision...C'est une nouvelle déconvenue et une déception », commente Marie Lafargue, directrice du syndicat. 

Les opérateurs ne peuvent pas non plus commercialiser leurs vins en IGP Méditerranée, étant exclus de la zone géographique de production. Ces derniers restent donc dans l'impasse. Un stock de bouteilles équivalent à 5000 hl de "Clairette rosée", issues des millésimes 2016 et 2017, attendent toujours dans les chais.

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ricou Le 02 novembre 2018 à 19:58:38
je ne comprend pas le sens de la remarque de Norbert ? Il s'agit là je pense pour les producteurs de cette zone de pouvoir profiter eux aussi d'une croissance des vins effervescents . Malheureusement cette croissance est captée par nos concurrents en majorité étranger .en conclusion ce genre de décision ne fait qu'handicaper un peu plus le dynamisme des vins français et appauvrir un peu plus l'économie viticole .Quelle manque d'ambitions et de perspectives de la part de nos décideurs politique et autres institutions...
Norbert Le 02 novembre 2018 à 15:31:37
C'est bien embêtant, mais de toute façon l'abrogation de la loi du 20 décembre 1957 par l'article 39 de la "Loi EGALIM" n'aurait pas eu d'effet rétroactif et les 650.000 bouteilles de mousseux rosé de 2016 et de 2017 conservaient leur caractère frauduleux. Ceci étant l'interdiction posée par la loi de 1957 n'a apparemment pas empêché le développement du crémant de Die à côté de la clairette de Die (ainsi que du crémant de Limoux à côté de la blanquette, protégée par des dispositions analogues). Manifestement la loi était tombée en désuétude, mais c'est difficile à soutenir!
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