LE FIL

Marché chinois

Contrefaire un vin de Bordeaux peut conduire en prison

Vendredi 14 septembre 2018 par Alexandre Abellan
Article mis à jour le 17/09/2018 08:27:45

« Les autorités chinoises ne méconnaissent plus le problème de la contrefaçon » analyse Thomas Jullien.« Les autorités chinoises ne méconnaissent plus le problème de la contrefaçon » analyse Thomas Jullien. - crédit photo : CIVB (saisies lors de la China Food and Drinks Fair)
Faisant jurisprudence, l’interprofession girondine a obtenu de premières, et lourdes, condamnations pénales en Chine pour des contrefaçons d’Indications Géographiques.

les vins de Bordeaux viennent d’obtenir deux victoires pénales qui marquent un tournant pour ce marché émergent. Révélés par le Wine Spectator, deux jugements viennent de condamner lourdement des fraudeurs pour des contrefaçons de bouteilles affichant des indications géographiques bordelaises. Dans les deux cas, le Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux (CIVB) intervenait comme victime et expert.

Fin 2017, deux ressortissants chinois ont écopé chacun de trois ans de prison au tribunal de Shanghai pour des dizaines de milliers de bouteilles falsifiant la mention Bordeaux. En juillet 2018, un distributeur a été condamné à deux ans de prison dans le district de Shandong pour quelques milliers de bouteilles contrefaisant les appellations Bordeaux et Médoc. Le tout étant assorti d'amendes se comptant en millions de yuans (en centaine de milliers d'euros).

"Dispositif de protection"

« Ces sanctions sont fortes et ont valeur de dissuasion. Il s’agit des premières peines de prison pour des contrefaçons d’Indications Géographiques, inscrites en tant que marques collectives. Il était important d’avoir des victoires, qui plus est dans deux tribunaux différents. L’un à Shanghai, le premier marché d’importation de vins en Chine continentale, et l’autre à Shandong, le premier bassin de production viticole chinois » souligne Thomas Julllien, le directeur de l’agence de conseil Pilot Fish qui représente en Asie les intérêts du CIVB. Faute d’appel, ces jugements « font jurisprudence, ouvrent une voie et valident notre dispositif de protection. Ce qui facilitera d’autres procédures à l’avenir » ajoute l’expert.

Emblématiques, ces jugements témoignent de la reconnaissance par l’administration chinoise de l’appellation Bordeaux en 2015 et de 45 autres AOC girondines en 2016. Mais pour être réellement intégrée au système légal chinois, la protection des IG a dû s’accompagner de formation des administrations luttant localement contre la contrefaçon. Continuant à sensibiliser les inspecteurs chinois à la contrefaçon de ses produits, le CIVB va poursuivre son travail d’identification des fraudes. Comme lors du salon des vins de Chengdu, où annuellement ont lieu des raids de vérification et de saisies suite aux plaintes du CIVB (voir photo).

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