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Même pour les perspicaces

L'impossible estimation des rendements à Bordeaux

Jeudi 30 août 2018 par Colette Goinère

A Bordeaux, difficile d'estimer les rendements bordelais tant chaque cas de parcelle et de viticulteurs semblent unique.
A Bordeaux, difficile d'estimer les rendements bordelais tant chaque cas de parcelle et de viticulteurs semblent unique. - crédit photo : CC0 Creative Commons
Dans le bordelais, les vendanges sont placées sous le signe de la précocité. Les interrogations demeurent sur les rendements. Les attaques du mildiou chamboulent la donne : selon les parcelles impactées, les rendements seront plus ou moins au rendez-vous.

Le coup d’envoi a été donné par le château Tronquoy- Lalande à Saint-Estèphe, dans le Médoc. Le premier dans le bordelais à démarrer les vendanges en blanc. Les baies les plus expressives  et aromatiques de sauvignon gris  ont été ramassées le 22 aout dernier. 1,8 hectare est consacré  aux blancs sur cette propriété de quelques 30 hectares. Une tendance à faire du blanc dans le Médoc s’installe. Le 27 aout, c’était au tour des Graves de démarrer les vendanges. Pour les rouges, les coups de sécateurs devraient être donnés pour le merlot entre le 10 et le 15 septembre, du côté de Pomerol et de Saint-Emilion. «  Si on compare aux trente derniers millésimes, on a dix jours d’avance »  note Thomas Duclos, du laboratoire d’œnologie Oenoteam, implanté à Libourne. 

Attaque de mildiou

Les rendements seront-ils au rendez-vous ? L’œnologue reste d’une prudence de sioux. « A ce jour on ne peut pas donner d’estimation du fait de l’attaque du mildiou  qui est très présent sur certaines parcelles et peu sur d’autres. On est face à une forte hétérogénéité. C’est du cas par cas » assure-t-il. Il faut dire qu’après  la grêle de mai et juillet dernier qui a touché plus de 10 00 ha  dans le vignoble girondin, c’est le mildiou qui  occupe tous les esprits. Laurent Bernos, le directeur du service vigne et vin à la chambre d’agriculture de la Gironde, n’en revient toujours pas : «  En vingt-cinq ans, je n’ai jamais vu ça, un tel niveau d’attaque du mildiou. C’est exceptionnel  car ce n’est pas un secteur qui est touché mais ce sont toutes les exploitations viticoles, toutes les AOC qui  sont atteintes, à des degrés divers, qu’elles soient en Bio ou en conventionnel. Les merlots sont particulièrement  touchés » s’alarme-t-il.

Des estimations hétérogènes de pertes

Du coup la récolte qui s’annonçait élevée ne sera pas pléthorique. Le chiffre de pertes de l’ordre de 15 à 20% circule. Au CIVB, le conseil Interprofessionnel du vin  de Bordeaux, Christophe Château, directeur de la communication préfère rester prudent  quant au pourcentage de perte de récolte. Laurent Sierra à la tête du château Toinet-Fombrauge (8 ha en Saint-Emilion, 4, 5 ha en Montagne  Saint-Emilion)   a  fait les comptes : certaines  de ses parcelles enregistrent des attaques de mildiou à hauteur de 20%. Sur d’autres, c’est moins. Au global, il s’en sort pas trop mal. «   Mon vignoble n’est atteint qu’en  5 et 10% » souligne-t-il. A Mourens, Ghislain Dubourg qui exploite 63  ha, table lui aussi sur 5 à 10% de perte. «  Il faut dire que j’ai fait quatorze traitement au lieu des neuf habituels. Je suis sorti de la norme".

Reste que parler mildiou est compliqué : «  C’est un sujet tabou car nombre de viticulteurs tiennent bien leur vigne. Ils sont touchés dans leur amour propre  car ils ont le sentiment d’avoir mal travaillé » analyse Philippe Hébrard, directeur de la cave coopérative de Rauzan. Le président de la cave, Denis Baro qui détient  70 ha  sur Rauzan et Blazimon,  l’avoue : deux de ses parcelles qui représentent  au global 8 ha  ont été attaquées, chacune à 40%. «  Le mildiou est apparu vers le 15 juillet. J’ai été surpris. J’ai mis cette attaque sur le compte  de la rosée matinale ".  Pour autant il se veut optimiste : « le mildiou ne devrait avoir aucun impact  sur la vendange. Ce millésime précoce sera très qualitatif " assure-t-il.  Même son de cloche pour Mickael Rouyer, directeur du syndicat viticole de Blaye Côtes de Bordeaux : «  On n’est pas inquiet  pour la qualité du millésime. Les degrés sont assez élevés. Ceux  qui n’ont pas subi la grêle de mai dernier, auront des rendements corrects ».  Reste que la récolte va être fortement amputée. La grêle du printemps dernier a touché 40% du vignoble du Blayais.   

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