LE FIL

Vin et santé

64 « grands crus » contre un étiquetage abstentionniste des bouteilles

Vendredi 13 juillet 2018 par Alexandre Abellan

Publiée en février dernier, une précédente tribune sur le même thème (« Mme Buzyn, cessez de diaboliser le vin, qui est une part de la civilisation française ! ») avait été suivie par une réponse hygiéniste (« vu du foie, le vin est bien de l’alcool ! »).Publiée en février dernier, une précédente tribune sur le même thème (« Mme Buzyn, cessez de diaboliser le vin, qui est une part de la civilisation française ! ») avait été suivie par une réponse hygiéniste (« vu du foie, le vin est bien de l’alcool ! »). - crédit photo : Christelle Stef (La Vigne)
Craignant que les étiquettes des vins ressemblent de plus en plus à des paquets de cigarette, des opérateurs réputés interpellent la ministre de la Santé sur ses projets hygiénistes.

« Il nous est impossible d'accepter d'apposer sur nos vins des mentions qui nient la culture et l'histoire dont ils sont issus et qui nous associent à des substances interdites » clame une tribune publiée ce 12 juillet dans le Figaro. 64 « grands crus »* s’y opposent à « l'apposition de pictogrammes concernant les mineurs et les femmes enceintes sur les bouteilles de vin ». Essentiellement bordelais et bourguignons, mais aussi alsaciens, champenois, languedociens et provençaux, ces propriétés et négociants réputés prennent à partie la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, soupçonnée de vouloir habiller les vins français « d'étiquettes à la signalétique lugubre et mortifère ».

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Se posant en « gardiens d'un patrimoine exceptionnel », de terroirs et d’art de vivre, les signataires dénoncent « la transformation d'un produit d'excellence distribué dans le monde entier en un bien délictueux à travers l'apposition de pictogrammes mortifères sur les femmes enceintes et les mineurs ».

"La suppression de toute consommation d'alcool en France ?"

Prônant « l'éducation et la formation » aux risques d’une consommation d’alcool, les 64 rappellent l’implication de toute la filière vin dans la promotion d’une consommation responsable. Et soulignent au passage leur poids économique dans la balance commerciale française. Des arguments en accord avec les positions récentes du président de la République et de son premier ministre. « À moins que le but que vise à terme le gouvernement soit d'obtenir la suppression de toute consommation d'alcool en France » questionne la tribune.

 

* : Selon les termes du Figaro. Il s’agit des champagnes Agrapart & Fils, Billecart-Salmon, Philiponnat, Pol Roger, des châteaux Angélus, Ausone, Barbeyrolles, Branaire-Ducru, Cantelys, Cheval Blanc, de Fargues, Haut-Bailly, Haut-Batailley, Léoville Barton, la Tour, La Tour de l’Evêque, le Thil, Lynch-Bage, de Meursault, Ormes de Pez, Pavillon Beauregard, Pichon Longueville Comtesse de Lalande, de Puligny-Montrachet, Smith Haut Lafitte, Yquem, des domaines Alain Graillot, Armand Rousseau, Bonneau du Martray, Bruno Clair, du Cellier aux Moines, de la Charmoise, Clarence Dillon, du Clos des Fées, des Comtes Lafon, Comte Sénard- Domaine Dujac, Faiveley, Huet, Leflaive, de L’Ostal, Marcel Deiss, Marquis d’Angerville, Méo-Camuzet, de Montille, Ott, du Pélican, des Perdrix, Pierre Labet, de la Romanée-Conti, Roulot, des Sénéchaux, Thibault Liger-Belair, de Trévallo, de la Vougeraie, Zind-Humbrecht, ainsi que les Héritiers du Comte Lafon, Louis Roederer, la maison Boisset, la maison Chapoutier, la maison Joseph Drouhin, la maison Louis Jadot, la maison Louis Latour, la maison F.E. Trimbach et Petrus.
 

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