LE FIL

Prescription d'étude

Faut-il une dose obligatoire d'agro-environnement pour les AOP et IGP ?

Jeudi 17 mai 2018 par Marion Sepeau Ivaldi

L'entretien du sol est l'une des principalement préoccupation des AOP qui se sont lancées dans une réflexion sur l'obligation de pratique agro-environnementale.L'entretien du sol est l'une des principalement préoccupation des AOP qui se sont lancées dans une réflexion sur l'obligation de pratique agro-environnementale. - crédit photo : Creative Commons CC0
Financée par le ministère de l’Agriculture, l’étude réalisée par Épices et Blezat consulting en collaboration avec AScA propose de rendre obligatoire des mesures agro-environnementales dans le cahier de charges des IGP et les AOP.

C’est un coup de tonnerre pour le monde des AOP et des IGP ! Publiée le 14 mai sur le site du ministère de l’Agriculture, l’étude « Mobilisation des filières agricoles en faveur de la transition agro-écologique - État des lieux et perspectives » prêche pour le développement de pratiques environnementales pour les signes de qualité, AOP et IGP. Comment ? D’abord en rendant obligatoires certaines clauses environnementales pour les IGP et les AOP « sous un certain calendrier. Cette démarche souhaitée initialement par les pouvoirs publics n’a pas été retenue par le conseil permanent de l’Inao. Mais aurait un fort intérêt pour un grand nombre d’acteurs des ODG», indique l’étude. Celle-ci propose aussi de d’inciter les AOP et les IGP à « intégrer des critères d’autonomie ou de diversification », notamment en reprenant des critères d’autonomie à l’échelle de la ferme. Enfin, l’étude propose « de rendre lisibles les performances agro-environnementales des Signes officiels de qualité et de l’origine (Siqo) dans la communication et les affichages et d’autoriser la mise en œuvre de mentions valorisantes sur les produits en rendant traçables les pratiques ».

8 mesures prêtes à l'emploi

La réaction des représentations professionnels viticoles a été rapide. « Nous n'avons pas attendu la publication de ce rapport pour que les AOC se mettent en ordre de marche. Nous avons dernièrement défini 8 mesures agro-environnementales types, contrôlables, que les ODG peuvent intégrer dans leur cahier des charges » souligne Christian Paly, président du conseil des AOP vin de l’INAO. Par ailleurs, ajoute-t-il, « le Conseil Permanent a validé la possibilité d’introduire dans le cahier des charges des critères relatifs à des certifications environnementales ». Ainsi, la demande de saint-émilion de rendre obligatoire l’application du référentiel HVE pour l’ensemble de sa zone de production pourra passer par le cahier des charges et être pilotée par l’ODG.

"Un casse-tête sans nom !"

Les AOP agissent donc ! Mais le caractère incitatif du développement de l’agro-écologie dans les Siqo reste un point intangible. « C’est irréalisable ! En zone mixte, cela voudrait dire qu’un producteur doit se plier à différentes exigences suivant son cahier des charges. Un casse-tête sans nom ! » tempête Michel Servage, président de la Confédération nationale des IGP. Et Christian Paly de rappeler pourquoi le Conseil Permanent de l’Inao a statué en faveur de l’incitation plutôt que de l’obligation. « Nous avions peur que le caractère obligatoire conduise les ODG à fournir des réponses a minima ; alors que nous avons des ambitions hautes. En choisissant l’incitation, nous permettons l’implication des acteurs et l’excellence de leurs ambitions en faveur de l’agro-écologie ».

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