LE FIL

Production de Cognac

3 ha de cépages résistants mis à l'essai

Mercredi 11 avril 2018 par Alexandre Abellan

« Pour l’instant, ces cépages n’ont que des noms de code : 2E5, 3B12, 1D10… Cette année nous allons réfléchir à des noms pour les inscriptions » explique Gérald Ferrari, ce 30 mars à Saint-Preuil.
« Pour l’instant, ces cépages n’ont que des noms de code : 2E5, 3B12, 1D10… Cette année nous allons réfléchir à des noms pour les inscriptions » explique Gérald Ferrari, ce 30 mars à Saint-Preuil. - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
Sélectionnés pour leurs potentiels agronomiques et organoleptiques, en plus de leurs résistances au mildiou et à l’oïdium, ces vignes candidates sont mis à l’essai viticole, dans un temps qui s’annonce long comme le vieillissement des eaux-de-vie charentaises.

Prétendant au remplacement de l’ugni blanc, les quatre cépages alliant résistance aux maladies cryptogamiques et caractéristiques compatibles avec la production d’eaux-de-vie de Cognac viennent d’être plantés dans le vignoble. La section charentaise de l’Observatoire National du Déploiement des Cépages Résistants (OsCaR) est ainsi née, avec trois parcelles d’un hectare chacune pour ces quatre nouvelles variétés (avec comme porte-greffe le Fercal et comme témoin l’ugni blanc). La première parcelle est située dans le cru des Fins Bois, au domaine Jean Martell (Rouillac). Les deux autres parcelles se trouvent en Grande Champagne, dans les vignobles des maisons Rémy Martin (domaines éponymes à Saint-Preuil) et Hennessy (domaine de la Bataille).

« Ces plantations à grandes échelles permettent de tester en conditions réelles les vignes, et leurs réactions sur les terres de Grande Champagne. Nous pourrons voir les possibilités de passage en machine à vendanger, vérifier les attentes sur la qualité des moûts… » esquisse Laura Mornet, responsable R&D de Rémy Martin (groupe Rémy Cointreau). Les plantations étant tout juste effectuées, il n’y aura pas de première récolte exploitable pour une vinification et une distillation avant 2021. Tandis que l’enjeu d’élever des eaux-de-vie reporte l’obtention de résultats réellement intéressants à l’horizon 2030. « Les jeunes eaux-de-vie nous donneront de premières tendances sur la typicité de ces nouveaux cépages. Mais tout se jouera sur leur capacité de vieillissement. Le temps est une notion essentielle à Cognac » souligne Baptiste Loiseau, le maître de chai de Rémy Martin.

43 candidats

Issus du croisement entre un cépage résistant et d’ugni blanc, réalisé par le défunt chercheur Alain Bouquet en 2003, ces candidats ont été sélectionnés sur des critères qualitatifs, dans une parcelle expérimentale par les équipes techniques du Bureau National Interprofessionnel du Cognac (BNIC). « Au cas où il y ait une mauvaise surprise sur l’un de ces quatre candidats, nous avons toujours la sélection des 39 autres obtentions où puiser » avance Gérald Ferrari, le directeur adjoint de la Station Viticole (Bureau National Interprofession du Cognac).

La filière du Pineau des Charentes a d’ailleurs exprimé sa volonté de tester également des cépages résistants issus de cette collection pour sa filière. Et d’autres maisons de Cognac sont intéressées par l’hébergement de nouvelles expérimentations au vignoble. « La seule limite, c’est que l’on n’a actuellement que 90 souches de chaque obtention à disposition » conclut Gérald Ferrari.

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