LE FIL

Viticulture bio

Pas d'homologation de l'huile essentielle d'orange contre la flavescence dorée

Lundi 26 mars 2018 par Juliette Cassagnes

La lutte bio contre la cicadelle de la flavescence dorée reste problématique pour les viticulteurs.La lutte bio contre la cicadelle de la flavescence dorée reste problématique pour les viticulteurs. - crédit photo : J Chuche, Inra Bordeaux
Les produits insecticides de biocontrôle Prev-AM, Limocide et Essen'ciel, récemment homologués, ne seront pas autorisés dans la lutte obligatoire contre la cicadelle de la flavescence dorée.

Les nouveaux produits à base d'huile essentielle d'orange douce, commercialisés sous les noms de Limocide, Essen'ciel et Prev-AM plus, ne seront pas autorisés cette année dans le cadre de la lutte insecticide obligatoire contre la cicadelle de la flavescence dorée.

Ces nouveaux produits ont été homologués récemment pour lutter contre toutes les cicadelles de la vigne sans distinction. Or, l'Anses ne mentionne une efficacité prouvée que contre deux d'entre elles : la cicadelle blanche (Metcalfa pruinosa) et la cicadelle des grillures (Empoasca vitis). Leur efficacité n'a pas été démontrée contre Scaphoideus titanus. En l'absence « d'éléments de preuve », la DGAL ne les a donc pas retenus dans le cadre des traitements obligatoires. Les deux entreprises se sont engagées à réaliser des essais afin de mesurer le niveau d'efficacité attendu sur la cicadelle de la flavescence.

Une réflexion nationale pour faire évoluer la lutte obligatoire

En l'absence de produits plus efficaces que le pyrèthre pour éradiquer cet insecte, la lutte contre le phytoplasme de la flavescence dorée en viticulture biologique reste problématique dans les secteurs contaminés, notamment dans le sud (sud-Drôme, Vaucluse). La maladie progressant, certains viticulteurs se voient contraints d'abandonner ce mode de conduite. « Pour la première fois depuis 2011, les surfaces viticoles conduites en bio ont stagné entre 2015 et 2016 en Paca, à cause de déconversions, » a commenté à ce sujet Garance Marcantoni, référente viticulture bio de la Chambre d'agriculture du Var, lors d'une journée technique en mars 2018. Autre raison avancée à cette tendance : le manque d'efficacité des traitements bio lors de trop fortes pressions Black Rot, comme en 2015.

Plus largement, la DGAL a décidé de lancer une réflexion nationale concernant la lutte obligatoire contre cette maladie, sorte de « brainstorming » pour recueillir des idées nouvelles et la faire évoluer. Les différents organismes impliqués dans la lutte au sein des différents vignobles seront consultés via les DRAAF. Cette réflexion devrait aboutir fin 2018.

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