LE FIL

Vignoble bordelais

Pourquoi les traitements ne peuvent être obligatoirement bio à proximité des écoles

Jeudi 08 mars 2018 par Alexandre Abellan

« Le dernier arrêté ne fait pas de distinction entre les molécules épandues, qu'elles soient CMR ou pas. Cela est pourtant un élément essentiel concernant la protection des enfants » estiment les associations réunies ce 7 mars au kiosque à musique de Blaye.« Le dernier arrêté ne fait pas de distinction entre les molécules épandues, qu'elles soient CMR ou pas. Cela est pourtant un élément essentiel concernant la protection des enfants » estiment les associations réunies ce 7 mars au kiosque à musique de Blaye. - crédit photo : Alerte aux Toxiques
Pour calmer un débat qui s’envenime, la préfecture de Gironde explique que la réglementation actuelle ne lui permet pas de distinguer les pesticides dans son arrêté sur les sites sensibles.

Ayant présenté leurs arguments lors du dernier Cash Investigations, les antiphytos bordelais battent le fer tant qu’il est chaud et redemandent à la préfecture de durcir son arrêté de 2016, qui encadre les traitements en bordure des zones sensibles (écoles, garderies, maisons de retraite…). Ce 7 mars, onze organisations* se sont ainsi réunies sur la place du marché de Blaye pour « protéger les enfants des 128 écoles de la Gironde qui sont classées en zones sensibles » et « réclamer une zone de 200 mètres où seuls les produits bio non classés Cancérigène, Mutagène et Reprotoxique soient autorisés ».

Quatre ans après les intoxications d’élèves à Villeneuve de Blaye suite à des traitements viticoles, les antiphytos s’appuient sur des analyses de résidus phytos réalisées dans des écoles et habitations du vignoble médocain et les 240 000 signatures d’une pétition en ligne.

Arrêté préfectoral

Prise à partie, la préfecture vient de donner des éléments de réponse pour désamorcer la situation avant la prochaine campagne viticole. « Le préfet de la Gironde, en l'état du cadre législatif et réglementaire, ne dispose pas des compétences lui permettant de choisir, parmi les produits régulièrement autorisés, ceux pouvant être utilisés à proximité des établissements accueillant des personnes vulnérables » expliquent les services de l’État.

La préfecture rappelle que son arrêté du 22 avril 2016, « l’un des plus exigeants de France » met en application l’article L.253-7-1 du Code Rural (introduit par la loi d'avenir pour l’Agriculture) et « encourage la mise en place de dispositifs de protection physique adaptés tels que des haies et, pour la viticulture, le recours à des matériels de pulvérisation limitant la dérive de produits. Lorsque de telles mesures ne peuvent pas être mises en place, les applications de produits phytopharmaceutiques doivent être effectuées sur certaines plages horaires et en respectant des distances minimales (50 mètres pour la viticulture, sensiblement supérieure aux prescriptions qui découleraient des mesures de dérive de pulvérisation en viticulture, 20 mètres). »

"Restrictions insuffisantes"

Malgré cette mise au point, le débat semble loin d’être achevé, trouvant des échos politiques. « Les restrictions préfectorales actuelles concernant les pulvérisations de pesticides sont insuffisantes, tant sur les horaires que sur les surfaces, pour garantir la bonne santé des enfants » estime ainsi, dans un communiqué, le député girondin Loïc Prud’homme (France Insoumise). Pour l’élu, « il existe des alternatives : l’usage exclusif de produits autorisés en viticulture bio et non classés dangereux pour l’être humain. Cet usage, imposé sur un périmètre de 200 mètres autour des établissements scolaires, limiterait considérablement la présence de CMR d’origine agricole dans l’environnement quotidien de nos jeunes enfants. »

 

* : Il s’agit des collectifs, associations et syndicats Alerte Pesticides Haute Gironde, Alerte aux Toxiques, Collectif Infos Médoc Pesticides, Générations Futures Bordeaux, Alerte Médecins sur les Pesticides, Collectif Alerte Pesticides de Léognan, Confédération paysanne, FSU 33, FCPE 33, CGT Educ'Action 33 et SE-UNSA 33.

RÉAGISSEZ A L'ARTICLE

Recopier le code :
Processing
VOS RÉACTIONS
lochon Le 08 mars 2018 à 21:36:03
POUR VOUS LES JEUNES c'est de votre Santé qu'il s'agit !!!!!!!!!!!!! aujourd’hui l'espérance de vie est de 80 ans, mais les vieux de 80 ans qui décèdent de cancers ont été exposé que 30 années, début des produits chimiques, et les JEUNES de 30 ans ils ont déjà subi 30 années de pesticides et glyphosate, je ne sais pas si ils résisteront encore 50 ans ?????????????????????
Esnault Le 08 mars 2018 à 20:19:34
Je suis heureuse de boire du vin bordelais que biologique .Cest sur que je bannis les vins bordeaux conventionnels .
Voir toutes les réactions
© Vitisphere 2018 - Tout droit réservé