LE FIL

Devant le tribunal

Raphaël Michel négocie avec les candidats à sa reprise

Vendredi 09 février 2018 par Alexandre Abellan
Article mis à jour le 12/02/2018 11:07:36

En période d’observation, Raphaël Michel voit son avenir suspendu à la décision d’un plan de sauvegarde.En période d’observation, Raphaël Michel voit son avenir suspendu à la décision d’un plan de sauvegarde. - crédit photo : Raphaël Michel
Dans le cadre du plan de sauvegarde du négociant rhodanien, deux dossiers auraient été retenus, s’intéressant à son actif (cuverie, vignoble, stocks…) et son passif (une dette de 20 millions d’euros). Décision attendue le 12 mars.

« Raphaël Michel est entré en négociations pour aboutir au meilleur projet de reprise » indique l’agence de presse du négociant rhodanien. Précisant que « le groupe se trouvant toujours dans une phase de réflexion et de négociations », il ne souhaite pas communiquer davantage. Ces discrets pourparlers s’inscrivent dans la procédure de sauvegarde obtenue cet été devant le tribunal de Commerce de Montpellier. L’autoproclamé « premier négociant assembleur de France » affichant une dette de 20 millions d’euros. Cette dernière est due, pour la direction du groupe, à l’impact sur la trésorerie de la petite récolte 2017, tandis que le reste de la filière rhodanienne y voit la conséquence des lourdes suspicions de fraudes, qui pèsent sur 300 000 hectolitres depuis cet été.

Devant statuer ce 12 mars, le Tribunal de Commerce de Montpellier aurait retenu deux dossiers parmi les candidats qui se sont manifestés. Selon une source proche du dossier, le premier projet reposerait sur une association entre le géant américain Bronco Wine et le groupe des Grands Chais de France (GCF), le second sur un partenariat entre le groupe français Capwine et des investisseurs. Malgré le poids du passif, l’intérêt des candidats pour Raphaël Michel tient dans son outil de production massif pour le vin en vrac. Ayant connu un développement éclair, le négociant possède un cuvier de 100 000 hectolitres à Piolenc, ainsi que 400 hectares de propriétés viticoles (domaines les Bourdeaux à Visan, de Bellencontre à Suze La Rousse, de la Canarde à Vinsobres, des terrasses de Saint-Pierre à Valréas, de Sainte-Cécile dans la plaine des Maures, du Bonlieu à Piolenc… et Casa Tiapuame au Chili). Sans oublier des filiales de négoce (Claude Nicolas dans le Sud-Ouest, Dolia en Vallée-du-Rhône et Silène dans le Languedoc-Roussillon) et même un outil logistique pour les vins du nouveau monde (Oenotria Cluster).

Les candidats

D'après les rares échos sur les négociations en cours, le groupe alsacien Grands Chais de France serait intéressé par l’opportunité de développer son vignoble en vallée du Rhône. Si GCF est bien implanté de la Bourgogne à la Gironde, en passant par le Languedoc-Roussillon et le Val de Loire, sa présence rhodanienne est encore limitée aux Caves Carod en Clairette de Die (achetées en 2008) et le château de la Tuilerie en Costières de Nîmes (acquis en 2014). Colosse américain commercialisant le fameux Two Buck Chuck, Bronco Wine souhaiterait mettre un pied dans le monde du vrac français (son activité hexagonale se résumant à la distribution aux États-Unis de marques françaises). Fondé en 2008 à Paris par Pascal Debon, un ancien de Castel Frères, la société CapWine International possède des filiales dans le Gers (domaine de l’Herré, 130 ha en Côtes de Gascogne) et au Portugal (les Quintas Beira Douro et Do Malho pour 15 ha au total).

À date, aucune de ces trois sociétés n’a répondu aux demandes de commentaires de Vitisphere.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Recopier le code :
Processing
© Vitisphere 2018 - Tout droit réservé