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Jura

La Percée du Vin Jaune redimensionnée plus que renouvelée

Lundi 05 février 2018 par Alexandre Abellan

« Heureusement qu'il fait beau » ou « au moins il ne neige pas » pouvait-on entendre ces samedi 2 et dimanche 3 février dans les nombreuses files d'attente (d'un caveau, d'une gaufrerie ou d'un WC).
« Heureusement qu'il fait beau » ou « au moins il ne neige pas » pouvait-on entendre ces samedi 2 et dimanche 3 février dans les nombreuses files d'attente (d'un caveau, d'une gaufrerie ou d'un WC). - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
Après une année blanche, l'événement œnotouristique jurassien est revenu dans un format resserré. Pour le plaisir des visiteurs et vignerons réunis autour du millésime 2011 du vin de voile jurassien.

Avec 25 000 visiteurs annoncés sur ce premier week-end de février dans les caveaux de dégustation du village de l’Étoile, la Percée du Vin Jaune a accueilli deux fois moins de visiteurs qu'il y a deux ans à Lons-le-Saunier. Conformément aux aspirations des Ambassadeurs du Vin Jaune, qui ont mis la fête nomade en sommeil en 2017, jusqu’à aboutir à la préconisation d’un contingent de 25 000 visiteurs pour assurer une amélioration de l’expérience. « On a redimensionné l'événement en se basant sur un constat : une percée du vin jaune réussie compte 550 à 600 visiteurs par domaine présent » explique le vigneron Alexandre Vandelle, qui a présidé à la renaissance de cette vingt-et-unième Percée.

Avec 46 vignerons en 2018, contre 60 en 2016, le désengagement d’une partie du vignoble jurassien pour le rendez-vous de commercialisation du dernier millésime de l’appellation vin jaune* persiste donc. Travaillant pour la pérennité de la manifestation, les organisateurs affichent leur sérénité autant leur satisfaction. Alexandre Vandelle soulignant le gain en fluidité de l’évènement (profitant de l’étalement du village hôte). « Quand on voit le sourire des gens dans les rues, on se dit que l'on a probablement fait les bons choix » estime-t-il. Si l'ambiance familale et résolument bon enfant de la fête reste inchangée, les files d'attente à rallonge n'ont pas manqué de faire râler les visiteurs.

"Chaos organisationnel"

« Ça fait plaisir de retrouver la Percée du Vin jaune dans le cadre vallonné de l'Étoile. Mais les travers passés sont toujours là. Voire pire… » rapporte Robert, négociant à Mâcon et habitué de l'événement jurassien. La foule de 13 500 visiteurs payants le samedi 3 février a en effet mis à rude épreuve la fluidité d’accès aux caveaux de dégustation. Malgré 500 bénévoles mobilisés dans la joie et la bonne humeur, des problématiques d'accès inédits ont paralysé l’accès par navette au site (les parkings étant centralisés à Lons-le-Saunier).

Face à des files d’attente disproportionnées, de nombreux visiteurs ont fini par faire l'impasse sur les bus et marcher le long de la D38. Que ce soit à midi pour l'ouverture des caveaux ou après 18 heures et leurs fermetures. « Le retour est encore plus chaotique que l'aller… À moins d'être une femme enceinte ou handicapée, il n'était tout simplement pas possible d'aller et venir rapidement » témoigne Florence, jeune diplômée du master droit de la vigne et du vin de Bordeaux, assistant à sa première percée du vin jaune.

Rendez-vous à Poligny en 2019

« Ces difficultés sont indépendantes de la volonté des organisateurs. La mise en place de la billetterie électronique a posé problème, et les contrôles Vigipirate renforcés aux entrées ont gêné le flux » expliqué Alexandre Vandelle, qui appuie sur la nécessité de limiter les entrées pour permettre un bon déroulé de la Percée. Ce système de contingentement a cependant fait grogner parmi ceux n'ayant pas pu assister à la Percée 2018, le samedi ayant affiché complet. « Des clients ont téléphoné et ont râlé de ne pas avoir de places. On leur a dit que ce n'était encore qu'un test » rapporte le vigneron Jacques Tissot. Qui souligne que si la participation au vin jaune coûte cher (en logistique, main-d’œuvre…), « cela permet de nourrir le contact avec la clientèle et on vend beaucoup… et bien. » Face à ce bel outil de promotion de la diversité du vignoble jurassien, les visiteurs et vignerons espèrent déjà un succès pour la prochaine édition, qui se tiendra en 2019 à Poligny.

 

* : Le millésime 2011 en l’occurrence, ce vin de voile restant 6 ans et mois en tonneau, sans ouillage (cliquer ici pour en savoir plus sur ce produit atypique).

 

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