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Jura

Après la Percée 2016, le vin jaune se cherche un second souffle

Lundi 08 février 2016 par Alexandre Abellan

Ce 6 février la foule était dense dans les rues de Lons-le-Saunier, chacun arborant l’accessoire de circonstance : un collier porte-verre du plus bel effet.Ce 6 février la foule était dense dans les rues de Lons-le-Saunier, chacun arborant l’accessoire de circonstance : un collier porte-verre du plus bel effet. - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
Ce dernier week-end de février s’est tenue la Percée du Vin Jaune, avec un succès renouvelé. En 2017, la Percée marquera une pause, le temps d'affiner le concept afin de fédérer les vignerons qui désertaient la fête.

Fer de lance de la communication et la promotion des vins du Jura, la Percée du Vin Jaune a été plébiscitée pour sa vingtième édition, ces 6 et 7 février à Lons-le-Saunier.  Après les 33 000 visiteurs de l’édition enneigée de 2015 à Montigny-lès-Arsures*, les organisateurs en visaient pas moins de 45 à 50 000 cette année. La douceur ensoleillée du samedi a bondé les rues (37 000 personnes), tandis que la pluie a refroidi les ardeurs pour la cérémonie de Percée du dimanche (moins de 20 000 visiteurs).

Mais au lieu de commencer à organiser l’édition 2017, les Ambassadeurs des Vins Jaunes se préparent à une année de réflexion pour remanier l’évènement, après 20 ans sans évolution majeure. « Nous nous sommes aperçus qu’il n’était pas possible d’organiser des états généraux et de mener en même temps les préparations d’une Percée en 2017 » explique le vigneron Jean-Yves Vapillon (président de la Percée 2016). Appelant à une montée en gamme, il explique qu’« il y a besoin d’évolutions, d’un relookage qui ne remette pas tout en cause, mais qui affine le concept ». La Percée offre finalement des dégustations bien plus festives que qualitatives. Les files d’attente débordent systématiquement des caves et garages. L'amateur doit s’armer de patience et de ténacité pour réussir à échanger son ticket contre une dose de vin et n’avoir au final pas le temps d’échanger correctement avec son producteur, devant déjà remonter la foule pressante. 

"De moins en moins de vignerons"

Au-delà de la professionnalisation de l’évènement, l’enjeu est de fédérer davantage la filière. « Le problème, c’est qu’il y a de moins en moins de vignerons qui présentent leurs produits à la Percée » reconnaît Baudoin de Chassey (directeur du Conseil Interprofessionnel des Vins du Jura en charge de la prestation technique de l’évènement). Alors qu’ils étaient 90 domaines à participer il y a une dizaine d’années, ils ne sont plus 60 en 2016, la faute à un barème d’indemnisation des vins de moins en moins séduisant. Avec les tickets récoltés lors de l’évènement, la valorisation d’une bouteille de vin jaune dégustée avoisine les 9 euros pour un domaine, quand elle dépasse les 30 euros au départ de la cave. Et le déséquilibre se creuse toujours plus : la demande pressante des marchés se heurte à une offre trop limitée (à cause de petites récoltes successives, sans oublier l’impact des maladies du bois).

Tout l’enjeu est désormais de donner un nouveau souffle à cette action de promotion collective. « Cette année de pause sera celle de prise de conscience pour changer la Percée, mais aussi pour refondre la stratégie des vins du Jura » annonce Baudoin de Chassey. Des groupes de travail et commission vont désormais se former pour lancer la réflexion sur l’avenir de la Percée. La mobilisation des vignerons jurassiens en sera la clé. Rendez-vous les 4 et 5 février 2018 pour en juger, à l'occasion de la 21ème Percée du Vin Jaune, à l’Etoile.

* : La Percée du Vin Jaune est une fête tournante, étant accueillie chaque année dans une commune différente de l’AOC Vin Jaune.

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