LE FIL

Un vignoble sans phyto

Le projet de laboratoires aquitains sélectionné pour son ambition

Mercredi 10 janvier 2018 par Alexandre Abellan
Article mis à jour le 12/01/2018 15:18:42

Au-delà des institutions, le réseau territorial doit mobiliser des entreprises à la pointe de la viticulture durable, comme la start-up Immunrise ou les Vignerons de Buzet.Au-delà des institutions, le réseau territorial doit mobiliser des entreprises à la pointe de la viticulture durable, comme la start-up Immunrise ou les Vignerons de Buzet. - crédit photo : Immunrise (essais de microalgues)
Doté de 400 000 €, le projet de réseau porté par la région Nouvelle-Aquitaine vient d’être retenu par la Caisse des Dépôts, avec l’objectif de sortir le territoire des phytos avec le soutien de la recherche et des interprofessions.

Arrivant à la troisième place pour 117 candidats, le projet aquitain de « laboratoire à grande échelle de la réduction de l'usage des pesticides » se flatte surtout de compter parmi les 24 finalistes des Territoires d’Innovation Grande Ambition (les TIGA). Inscrit dans le cadre du Programme d’Investissements d’Avenir, l’appel à projet du Commissariat Général à l’Investissement et de la Caisse des Dépôts a retenu le dossier porté par la Nouvelle-Aquitaine pour son ampleur autant que son ambition.

Ce projet lauréat affiche en effet l’objectif de permettre à la région de « rester à l’échelle 2050 une terre agricole, viticole dynamique et attractive pour ses habitants, les entreprises et leurs salariés ainsi que pour les touristes attirés par cette destination ». Concrètement, le projet doit lancer le premier réseau territorial de recherche et développement dédié à la réduction des phytos en viticulture.

12 laboratoires

Autant collective que collaborative, cette déclinaison du TIGA repose sur douze « laboratoires d’innovations territoriales ». Se voulant des accélérateurs de création et de transfert, ces nouvelles structures doivent aussi bien se pencher sur la communication des bonnes pratiques viticoles que la création de traitements alternatifs, tout en passant par la création d’une plate-forme numérique pour récolter les résultats (VitiData Plateforme).

Les principaux organismes régionaux de recherche ont répondu présents pour participer à ce projet : l’Institut National de la Recherche Agronomique, l’Institut Français de la Vigne et du Vin, l’Institut des Sciences de la Vigne et du Vin, les Chambres d’Agriculture, le cluster Inno’Vin, pôle Agri Sud-Ouest… Sans oublier les principales interprofessions viticoles : Armagnac, Bordeaux, Bergerac-Duras, Cognac, Sud-Ouest…

"Entonnoir resserré"

Le processus de sélection des TIGA doit encore se poursuivre en 2018, avec un nouvel appel à projet devant aboutir sur 10 projets finalistes. Ces lauréats se partageront une enveloppe de 450 millions d’euros durant dix ans (dont 150 millions € de subventions). Les porteurs du projet viticole aquitain ont jusqu’à mi-2018 pour finaliser leur plan d’actions et espérer remporter la mise. Dans le cas du TIGA de Nouvelle Aquitaine, l'enveloppe allouée à ce travail préparatoire est de 400 000 euros.

« L’entonnoir est resserré » comme le confiait en octobre Lydia Héraud, la conseillère régionale de Nouvelle-Aquitaine déléguée aux vins et spiritueux. Mais si d’aventure ce projet n’était pas retenu « le travail commun aura été utile pour le plan régional de réduction des phyto. On ira moins vite, et moins loin sans les fonds, mais on n’arrêtera pas le travail » conclut-elle.

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