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Clôture de salon

Stéphane Travert estime le débat du glyphosate tranché

Jeudi 30 novembre 2017 par Marion Sepeau Ivaldi
Article mis à jour le 04/12/2017 10:12:41

Stéphane Travert, ministre de l'Agriculture, découvre les notes de buis et de fruits exotiques de Floréal, variété résistante Resdur.Stéphane Travert, ministre de l'Agriculture, découvre les notes de buis et de fruits exotiques de Floréal, variété résistante Resdur. - crédit photo : Cédric Faimeli
En visite sur le salon Sitevi, Stéphane Travert a déclaré que le débat du glyphosate était désormais « derrière nous ».

Arrivé vers 13 heures au Sitevi et après s’être restauré, le ministre de l’agriculture a déambulé durant deux heures dans les allées du salon. Son premier arrêt aura été pour l’Institut français de la vigne et du vin où il aura pu découvrir en avant-première Floréal, variété résistante Resdur, aux notes de de buis et de fruits exotiques. De quoi être sensibilisé dès ses premiers pas aux travaux engagés par la filière viticole pour répondre aux enjeux sociétaux et environnementaux.

« Le sujet est tranché et derrière nous»

Ces sujets ont d’ailleurs occupé l’actualité du salon avec le dossier du glyphosate. Le ministre a été questionné sur le sujet par Vitisphere pour savoir s’il faut comprendre la position présidentielle (interdire le glyphosate pour trois ans) comme un moyen de le maintenir cinq ans, le temps d’écouler les stocks durant deux ans (ce qui cale la décision sur le calendrier européen). Le ministre a à peine répondu, estimant « le sujet tranché et derrière nous». Il a préféré expliquer qu’il était venu sur le salon « pour parler d’une belle filière qui innove » et souligner qu’il avait vu « de belles machines dont la conception cherche à faire en sorte de diminuer l’utilisation des phytosanitaires ». La présidente de la région Occitanie, Carole Delga, qui accompagnait le ministre dans sa visite, a pour sa part usé d’une prise de position sans langue de bois, affirmant sans détours que « pour la première région bio de France et sous signe de qualité, nous défendons une agriculture durable. Trois ans est un bon délais ». La présidente a souligné par ailleurs que l’effort devait être mis sur la recherche pour accompagner la transition.

Les classiques

La visite a été marquée par une petite première, celle de la présence pour la première fois de l’ensemble des députés de la région. Cet aéropage politique a pu revoir les classiques en matière d’enjeu de filière. Comment intervenir et soutenir les zones défavorisées ? Comment soutenir la viticulture face à la petite récolte ? Comment favoriser l’installation ? Comment faire évoluer les pratiques pour protéger l’environnement ? Sur ce dernier point, Denis Carretier, président de la Chambre régionale de l’agriculture d'Occitanie, a insisté sur la naissance d’une interprofession bio régionales et dédiées à toutes les productions.

Il a également été question de la problématique de l’eau avec un arrêt sur le stand de BRL et la présentation du projet Aqua Domitia. Le ministre a montré son écoute attentive à ce sujet et a indiqué sa volonté de porter des mesures pour aider la viticulture à irriguer. Il a rappelé la constitution d’un groupe interministériel autour de l’eau et a souhaité que « les projets soient déverrouillés ».

 

 

Deux coups de griffe

Si la visite ministérielle s’est passée sans anicroches, le ministre a tout de même été interpellé de manière vive par le Syndicat des vignerons du Gard. « J’ai 60 ans dans une semaine et je n’ai jamais vu qu’après les vendanges, il n’y ait pas d’offres d’achat. Je pense que les importations ont été excessives et que les chiffres nous sont cachés » a expliqué Jean-Marie, viticulteur après avoir échangé énergiquement avec le ministre. Le viticulteur a également fait entendre son mécontentement sur les inégalités règlementaires au sein de l’Union européenne. Enfin, il a fait échos des pratiques confusantes sur l’origine des vins de certaines marques de vin.

Le ministre s’est aussi fait un peu secoué par Jean-Charles Tastavy, membre du conseil d’administration de Vin et Société. Il a alerté le ministre sur les récentes prises de positions d’Agnès Buzyn, ministre de la Santé sur Radio Classique. La ministre a déclaré que si elle pouvait, elle interdirait l’alcool. « Je lui ai dit que nous avions la ministre la plus prohibitionniste de l’Histoire ! » rapporte Jean-Charles Tastavy qui s’est montré plutôt déçu de l’écoute du ministre sur ce sujet très sensible pour la viticulture.

 

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VOS RÉACTIONS
Bernadac Gérard Le 05 décembre 2017 à 11:32:14
Les discussions sur le Glyphosate comme sur la chimie agricole plus généralement sont des discussions de sourd. Le politique répond certes toujours à une attente sociétale forte qu’il faut entendre, mais il n’y répond pas en terme responsable. Il projette des durées 3 ans 5 ans ou 10 ans pour écophyto comme s’il était devin, ce qui n’a aucun sens. Son rôle est plutôt de définir une orientation, une ligne directrice forte, en mettant surtout en œuvre et en affichant la recherche d’alternatives efficaces qui seraient à même de rentre la disparition de la chimie, gérable et quasi indolore pour les agriculteurs et donc d’atteindre son objectif. Je précise que les premiers concernés sont les agriculteurs, qui rappelons le ont été poussés vers la chimie dans les années 60, et curieusement personne n’en parle. Donc sur ce débat l’objectif est de développer d’abords des alternatives efficientes faciles à mettre en œuvre, même à cout sensiblement plus élevé et surtout qui par effet papillon n’impacterait pas l’atmosphère en CO2 et particules fines émis par les tracteurs qui seront mis à contribution, ni par l’énergie nécessaires au façonnage des outils de labours qui disparaissent très vite usés par le frottement du sol. J’ajoute et c’est la à mon sens le problème le plus important c’est que devant certains impasses techniques, les agriculteurs sont et seront nécessairement tenus de faire le travail de désherbage manuellement ou avec des outils à main ce qui provoquent déjà et provoquerait de nombreux TMS qui sont la première cause et de loin des maladies professionnelles en agriculture. Rappelons nous que Victor Hugo disait « Il n’est rien au monde d’aussi puissant qu’une idée dont l’heure est venue » Faisons en sorte « cette idée » que des alternatives agronomiques émergent autres que celles poussées aux forceps. Celles-ci j’en fais le pari se diffuseront comme une trainée de poudre parmi les agriculteurs qui sont bien loin de l’image «conservatrice » qu’on leur donne
CognacXO Le 03 décembre 2017 à 07:07:36
Dites moi M. Travert, si le sujet du glyphosate est derrière nous, avez vous amené des solutions techniques au même coût/Ha pour le remplacer?...Vous dites que la filière viticole est une " belle filière qui innove", notamment par des machines dont la conception va vers la diminution des produits phytosanitaires, mais qu'en sera-t-il demain si votre camarade "prohibitionniste" BUZYN continue son travail de sape auprès du grand public vis-a vis de la consommation de vin?...Plus de viticulteurs, plus de joie de vivre, plus d'investissements non plus ...et donc plus d"économie autour du vin, plus d'argent.... (houlà, si on parle plus d'argent, Manu va pas être content...) Espérons M, le ministre, que vous avez les moyens de nous soutenir auprès du gouvernement par des décisions qui font mouche, sinon la viticulture va vous avoir en "Travert" de la gorge....
Mh Le 01 décembre 2017 à 20:35:09
Chère Vitisphere la question de l eau et la présentation d Aqua Domitia programme de la Région Occitanie réalisé par BRL a eu lieu sur le stand de BRL Exploitation par le DG du Groupe, JF Blanchet, qui a également rappelé l action de BRL en faveur d’une irrigation durable.
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