LE FIL

Avis aux amateurs

Devenir vigneron en Bretagne, ça vous tente ?

Dimanche 26 novembre 2017 par Alexandre Abellan

« Au pays de Sarzeau, ce beau raisin donne vin aigrelet, mais fine délicieuse. Ainsi en est-elle des belles filles du pays de Vannes, de nature si sauvage et qu’une éducation sommaire rend étonnantes de tact et de sentiment » annonce une carte de la fin du XIXe siècle.« Au pays de Sarzeau, ce beau raisin donne vin aigrelet, mais fine délicieuse. Ainsi en est-elle des belles filles du pays de Vannes, de nature si sauvage et qu’une éducation sommaire rend étonnantes de tact et de sentiment » annonce une carte de la fin du XIXe siècle. - crédit photo : DR
Les candidats ont jusqu’au 31 décembre pour répondre à l’appel du Golfe du Morbihan, qui souhaite conjuguer une installation viticole septentrionale avec des approches aussi historiques que touristiques et écologiques.

Si vous demandez à des touristes quels sont les produits de terroir du Golfe du Morbihan, nul doute que seront évoqués un plateau d’huîtres et une bolée de cidre, voire le sel des marais de Lasné et la tomme de la presqu’île de Rhuys. Mais bien peu auront en tête les vins de Sarzeau, une commune dont le passé viticole est pourtant non négligeable, et qui doit redevenir d’actualité avec un « appel à candidature d’installation de ferme viticole » ouvert à tous les profils. Porté par le Parc national régional du Morbihan et la commune de Sarzeau, ce projet ambitieux fait le pari de la réimplantation de la vigne en pays breton.

Mettant en jeu 6,70 hectares sur la presqu’île de Rhuys (pour un bail total de 9,90 ha à terme), cet appel à projet s’appuie non seulement sur un fort historique (voir encadré), mais surtout sur des études pédologiques (de l’École Supérieure d’Agriculture d’Angers). Si les parcelles proposées accueillaient précédemment des céréales, leurs sols de micaschistes altérés, de gneiss et de granite présentent déjà des vignes sauvages. « La prospection pour la réimplantation du vignoble dans le Golfe du Morbihan [montre] de bonnes caractéristiques physiques. Les sols y sont plus superficiels, filtrants, légèrement caillouteux, avec un potentiel de vigueur faible. Ce sont des critères pédologiques importants pour des vignobles septentrionaux sous des climats océaniques » avance la Cellule Terroirs Viticoles.

Viticulture bio

Si le calendrier et les modalités de mise en place du vignoble* sont à définir avec le vigneron retenu, le PNR et la commune fixent déjà des objectifs de production précis dans leur cahier des charges. Pour respecter son cadre littoral et les « bases de l’agriculture de demain », les élus demandent aux candidats de s’orienter vers une « viticulture sans intrants ». Le bail viticole à clauses environnementales oriente ainsi la production vers une certification en Agriculture Biologique, tendant vers « l’obtention d’une mention Nature et Progrès » et la pratique de la biodynamie. Dans la même veine, les élus privilégieront la commercialisation en circuits courts et l’utilisation de cépages locaux.

Les dossiers d’appel à candidature peuvent être déposés jusqu’au 31 décembre 2017 à la mairie de Sarzeau (pour accéder aux éléments, cliquer ici).

 

* : Timing qui dépend également de l’obtention administrative d’autorisations de plantation.

Vignoble (presque) millénaire

« La plus ancienne mention de la vigne qui a pu être retrouvée jusqu’à présent date de 1032 et traite de la plantation de vigne et de la production de vin en l’Abbaye de Saint-Gildas » rapporte le mémoire de fin d’étude de l’étudiant angevine Ludivine Guinoiseau. Historiquement, le vignoble du Morbihan a connu son apogée dans les années 1870, lors de la crise phylloxérique, qui a d’abord épargné ce vignoble nouvellement planté en folle blanche (en réponse à l’arrivée de l’oïdium dans années 1850-1860). Le vignoble du Morbihan se tourne alors vers la distillation (avec le « Cognac de Rhuys »), atteignant 2 000 hectares en 1891.

L’apparition du Phylloxera en 1903 conduit au déclin du vignoble. Au lieu de greffer, la majorité des vignerons passent à d’autres productions agricoles. Et ceux ayant fait le choix d’hybrides producteurs directs sautent sur les primes à l’arrachage mises en place dans les années 1950. La dernière déclaration de récolte sur la commune de Sarzeau date de 1993. Administrativement, le département du Morbihan n’a plus de statut viticole depuis 2001.

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