LE FIL

Berceau géorgien

Il y a 8 000 ans, les premières vinifications de l’humanité

Mercredi 15 novembre 2017 par Alexandre Abellan
Article mis à jour le 16/11/2017 08:06:37

Issues de villages de la culture Shulaveri-Shomutepe, ces poteries néolithiques témoignent de la création précoce de contenants pour conserver les boissons fermentées.Issues de villages de la culture Shulaveri-Shomutepe, ces poteries néolithiques témoignent de la création précoce de contenants pour conserver les boissons fermentées. - crédit photo : Penn Museum
De nouvelles découvertes archéologiques font reculer d’un millier d’années les premières traces connues de la viticulture. Qui pourrait être encore plus ancienne au Proche Orient.

Pour les civilisations du vin, archéologie rime décidément avec Géorgie. « Désolé pour le site de Hajji Firuz Tepe en Iran, la Géorgie a fourni les preuves des plus anciennes productions de vin dans le monde » tacle, dans un communiqué, le Musée de Pennsylvanie (Philadelphie). Considérée depuis sa découverte en 1996 comme le premier outil de vinification, la jarre des montagnes iraniennes est désormais supplantée par des jarres géorgiennes de 600 à 1 000 ans plus âgées. Découvertes sur deux sites montagneux du Caucase, à 50 kilomètres au sud de la capitale Tbilissi, ces huit récipients de 300 litres chacun sont datés entre -6 000 et -5 800 avant notre ère.

Vin nature

Publié ce 13 novembre, après quatre ans de fouille, l’article du consortium d’archéologues ayant réalisé ces fouilles appuie ces datations sur l’étude chimique fine de jarres en céramique. Leur analyse par chromatographie en phase liquide-spectrométrie de masse a en effet permis de trouver la trace d’acide tartrique, qui marque la présence de vin. « Une découverte notable est l’absence de résine d’arbre, ce qui était une technique commune dans l’ancien Proche-Orient pour empêcher que le vin ne tourne au vinaigre » soulignent les chercheurs internationaux, ajoutant qu’il n’y avait pas non plus de traces de miel ou d’herbes médicinales.

"D’autres pistes existent…"

Cette découverte majeure appuie les 8 000 millésimes revendiqués par la Géorgie, qui a financé ces recherches afin de conforter son titre de « berceau mondial des civilisations du vin ». Mais si cette découverte a fait avancer la date de la plus ancienne vinification, « la recherche pour ses origines ultimes se déroule ailleurs qu’en Géorgie. D’autres pistes existent dans le Caucase, en Arménie et en Azerbaïdjan. Dans les Monts Taurus, en Turquie, les sites monumentaux de Göbekli Tepe et Nevali Çori dans les eaux du Tigre sont des candidats de choix, remontant à 9 500 ans avant Jésus-Christ » souligne le docteur Patrick McGovern (musée de Pennsylvanie). Ce dernier étant un expert en la matière, ayant participé aux découvertes de Hajji Firuz Tepe en 1996 et de Kvemo Kartli en Géorgie ces dernières années.

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