LE FIL

Unique en France

La vitrine de la viticulture high-tech

Jeudi 12 octobre 2017 par Michèle Trévoux

Thomas Crestey, responsable du Mas Numérique : ' Grâce à la cartographie satellitaire de la vigueur, complétée par des mesures de maturité, nous avons changé la destination d’une parcelle initialement destinée à du rosé et que nous avons finalement vinifiée en rouge'. Thomas Crestey, responsable du Mas Numérique : ' Grâce à la cartographie satellitaire de la vigueur, complétée par des mesures de maturité, nous avons changé la destination d’une parcelle initialement destinée à du rosé et que nous avons finalement vinifiée en rouge'. - crédit photo : Michèle Trévoux
Dans son Mas numérique, Montpellier Sup Agro met en application 15 solutions numériques pour la viticulture et l’œnologie. Un avant-goût de la viticulture de demain.

Non ce n’est pas de la science fiction. La viticulture de demain existe déjà au Domaine du Chapitre à Villeneuve-lès-Maguelone. Sur cette exploitation de 95 ha dont 35 ha de vigne, Montpellier Sup Agro, a déployé depuis un an quinze applications high tech, mises à disposition par 14 entreprises spécialistes de l’agriculture numérique (1). Baptisé Mas numérique, ce site unique en France offre une démonstration en conditions réelles de production, d’applications numériques innovantes en viticulture et en œnologie. Deux axes ont été mis en place : l’un dédié aux apports du numérique pour la protection des plantes. Sont ainsi installés une station météo, des logiciels de modélisation de la pression des maladies, un outil d’aide à la réduction des doses, un logiciel de gestion et partage de la liste des travaux, un outil de traçabilité et de suivi de la pulvérisation qui vérifie l’homogénéité et la continuité du fonctionnement des appareils.

Un terrain de jeu pour viti-geek

L’autre axe est consacré à la gestion qualitative et quantitative des productions : cartographie parcellaire de la vigueur, suivi et maîtrise du stress hydrique, de la maturité, du statut azoté, pressoir connecté et capteurs dans les cuves pour le suivi des fermentations... « Ce ne sont pas des prototypes. L’ensemble des technologies présentes sur le domaine est commercialisé », précise Thomas Crestey, responsable du Mas numérique.

Et après un an de fonctionnement, les premiers enseignements sont déjà là. « Grâce à la cartographie satellitaire de la vigueur, complétée par des mesures de maturité, nous avons changé la destination d’une parcelle initialement destinée à du rosé et que nous avons finalement vinifiée en rouge. La faible vigueur de la vigne était plus propice à l’élaboration de rouge. Les suivis de maturité par la mesure du chargement en sucre des baies ont ensuite permis de déterminer les dates de vendanges optimales. Au niveau de la pulvérisation, la présence de capteurs nous a révélé une baisse de débit quand on arrivait en fin de cuve sur un de nos appareils, engendrant une protection insuffisante du vignoble. C’est un point que nous avons pu corriger pour les traitements ultérieurs. Enfin le dispositif Vintel d’ITK, corrélé à des mesures sur le terrain, a également mis en évidence un stress hydrique sur une de nos parcelles, qui ne collait pas avec le profil fruit frais que nous avions prévu. Nous corrigerons cela l’an prochain avec l’irrigation. Plus globalement, les outils concernant la protection du vignoble permettent de valider que l'on a pris la bonne décision en traitant et que les traitements ont été correctement effectués. C’est très rassurant », témoigne Thomas Crestey.

Financé par Sup Agro et quatre des entreprises impliquées dans le projet (Vivelys, SMAG, ITK, Pera-Pellenc), ce site sera en premier lieu destiné à l’enseignement des élèves de Sup Agro et notamment les élèves-ingénieurs qui ont choisi l’option AgroTIC (technologie de l’information et de la communication). Mais il sera également ouvert aux élèves de l’enseignement technique agricole et aux techniciens viticoles qui pourront venir en formation continue . L’accueil de viticulteurs n’est pas exclu mais il se fera par l’intermédiaire des chambres d’agriculture, des coopératives ou des négoces. L’enjeu est clair : « Limiter la facture numérique et de permettre à tout le monde de prendre le train ».

 

(1)    Vivelys, SMAG, Pera-Pellenc, ITK, Groupe ICV, IFV, TerraNIS, Geocarta, Axe Environnement, SIKA France, Force A, Agriscope, Bayer, CAP2020

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