LE FIL

Gestion du stress hydrique

Les AOC gagnent un peu de liberté d’irriguer

Mardi 19 septembre 2017 par Marion Sepeau Ivaldi
Article mis à jour le 21/09/2017 17:58:36

Le nouveau décret permet aux vignes AOC d'utiliser les systèmes d'irrigation enterrée. Une manière de donner davantage de solutions technique.Le nouveau décret permet aux vignes AOC d'utiliser les systèmes d'irrigation enterrée. Une manière de donner davantage de solutions technique. - crédit photo : DR
Publié le 11 septembre dernier, le décret sur l’irrigation change les règles en matière d’alimentation hydrique. Et ajoute un peu de cohérence agronomique dans la gestion du stress hydrique des vignes AOC.

« C’est une véritable satisfaction que ce dossier aboutisse après six à sept ans de travail » souligne Bernard Angelras, président des Costières de Nîmes et chef de file du sujet à l’INAO. Le 10 septembre a été publié le décret modifiant les règles d’irrigation des AOC. Le texte introduit plusieurs modifications. Il autorise également les systèmes d’irrigation enterrée. Et c’est aussi un soulagement pour les producteurs. « Les canons à eau induisent une utilisation supplémentaire de produits phytosanitaires car il humidifie les feuilles, favorisation les contaminations fongiques. Les systèmes de gouttes à gouttes hors sols sont attaqués par les lapins » explique Bernard Angelras. « Et ils empêchent le travail des bineuses sous le rang » ajoute Philippe Pellaton, président des Côtes du Rhône.

Des hausses de rendements possibles pour les vignes non irriguées

Le décret permet également d'allongement la période d'irrigation. Toujours considérée comme interdite à compter du premier mai, l'irrigation peut débuter dès le 1er mai (contre le 15 juin auparavant) si la demande de dérogation formulée par l'ODG est acceptée. L'irrigation reste interdite après le 15 août comme précédemment. Cet allongement possible de l'irrigation permet de coller mieux aux besoins en eau de la plante et ainsi de faciliter la gestion du stress hydrique.

Enfin, le texte introduit la notion d’hétérogénéité des terroirs, en permettant des rendements différenciés entre les parcelles irriguées et celles non irriguées. « Désormais, les parcelles irriguées devront respecter le rendement de base tandis que les parcelles non irriguées (dans des terroirs plus frais) pourront demander des dépassements de rendement  » se satisfait Philippe Pellaton. L’appellation Ventoux est une des  premières appellations à avoir déposé une demande pour bénéficier de ces nouvelles décisions en matière de rendement. Elle avait formulé une demande en ce sens durant l’été. À ce moment-là, elle agissait par vocation politique, souhaitant souligner que le décret se faisait un peu trop attendre. Le Comité national de l’INAO rendra son avis en novembre. Le dispositif pourrait fonctionner dès 2018, avec une identification et un contrôle des parcelles irrigables et des parcelles irriguées.

 

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