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Margaux
70 % de l'AOC adhère à la charte de biodiversité

Pour créer un réseau de refuges aux insectes, oiseaux et autres chauves-souris, le syndicat viticole mise sur l'exemplarité et l'effet vertueux de la boule de neige.
Par Alexandre Abellan Le 08 septembre 2017
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70 % de l'AOC adhère à la charte de biodiversité
Avec une surface viticole de 1 500 hectares, l’appellation Margaux touche un espace global bien plus important estime Gonzague Lurton : « il faut tenir en compte de l’ensemble de l’environnement ». - crédit photo : Château Durfort-Vivens
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eprésentant 70 % de la surface de l’appellation, 29 domaines de l’appellation Margaux ont adhéré en trois ans à la convention de renforcement et de valorisation de la biodiversité et du paysage lancée par leur syndicat viticole. « Les choses n’auraient jamais pu avancer si elles avaient été imposées. D’ailleurs, elles n’auraient même jamais été acceptées par une majorité de vignerons » juge Gonzague Lurton, le président de l’Organisme de Défense et de Gestion.

Lui-même sensible à l’agro-écologie (avec le château Durfort-Vivens, deuxième grand cru classé en 1885 à Margaux, certifié en bio et biodynamie), le propriétaire médocain est le chantre des petites actions simples. Celles qui ne soint pas imposées et ne peuvent être vues comme des contraintes supplémentaires. « Il faut montrer que les actions environnementales sont valorisantes et pas pénalisantes » répète-t-il.

Cartographie

Fonctionnant à l’exemple autant qu’à l’entraînement, cette approche se base sur les études et audits réalisés en 2013-2015 par l’Institut des Sciences de la Vigne et du Vin (ISVV) ainsi que des associations de protection de la faune et de la flore. Ces études ont abouti au recensement de 360 hectares d’espaces interstitiels potentiellement aménageables en réservoirs de biodiversité. Cette approche paysagère se fait à la frange des vignobles, avec la promotion de bonnes pratiques allant de la gestion des cours d’eau à la plantation de haies, en passant par l’intégration de nichoirs ou la végétalisation des interrangs…

« Il existe tout un tas d’action simplissimes qui ne coûtent pas beaucoup. À part quelques heures de travail. Voire qui ne coûte rien, comme prévoir un retard de tonte pour protéger les abeilles » explique Gonzague Lurton, pour qui cette approche remet le respect de l’environnement dans l’esprit des exploitations. En commençant par mailler les parcelles de nids de biodiversité, l’ODG compte diffuser cette philosophie à l’ensemble des pratiques viti-vinicoles.

25 000 €/an

Suivie par les techniciens de Vitinnov (la cellule de transfert de l’ISVV), l’application de la charte aura nécessité en trois ans un budget de 75 000 euros. La cotisation exceptionnelle qui le finance est toujours adoptée souligne le président du syndicat. Qui souligne que le sérieux de la démarche a été reconnu ce début de l’année par l’acquisition du statut de Groupement d’Intérêt Économique et Environnemental (GIEE).

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