LE FIL

Importations espagnoles

Jean-Marie Fabre interpelle Carole Delga

Mercredi 01 mars 2017 par Marion Sepeau Ivaldi

Jean-Marie Fabre, président de la Fédération régionale des Vignerons indépendants d'Occitanie, ce 28 février au Salon international de l'agriculture.
Jean-Marie Fabre, président de la Fédération régionale des Vignerons indépendants d'Occitanie, ce 28 février au Salon international de l'agriculture. - crédit photo : Marion Sepeau Ivaldi
En visite marathon sur le Salon de l’agriculture, la présidente de la région Occitanie, a été accueillie sur le Pavillon des Vignerons indépendants par une délégation emmenée par Jean-Marie Fabre et une demande offensive pour répondre aux problèmes des importations espagnoles.

« Je demande à ce que l’argent mobilisé pour valoriser les produits de notre région, le soit uniquement pour ceux qui jouent le jeu des signes de qualité de notre région » martèle Jean-Marie Fabre, président de la fédération régionale des Vignerons indépendants d’Occitanie, à la présidente de la région, Carole Delga, en visite sur le stand des Vignerons indépendants ce 28 février. En clair, Jean-Marie Fabre veut une intransigeance politique vis-à-vis des entreprises régionales qui importent des vins espagnols. Si elles achètent de l’autre côté de la frontière, les aides Sud de France doivent leur être supprimées. Carole Delga acquiesce : « nous sommes sur la même longueur d’onde. La reconnaissance de la qualité de nos produits régionaux est désormais faite, nous ne devons pas la détruire » tout en indiquant que « la France est un des pays les plus protectionnistes en matière d’origine. S’il y a des fraudes, il ne faut pas hésiter à attaquer ».

Indiquer le made in France

Cette intransigeance doit également s’appliquer au niveau des interprofessions, milite Jean-Marie Fabre. « A chaque fois qu’une entreprise utilise un visuel ou une marque confusants, les interprofessions doivent supprimer les aides à la promotion » estime-t-il. Le président souhaite également que le linéaire vin puisse identifier l’origine France et qu’il y ait une lutte sans merci contre la fraude.

"Il n’y a que quelques centimes d’écart entre les vins espagnols et français sur l'entrée de gamme"

Mais, au-delà de cette posture défensive, le président veut également construire avec la grande-distribution et miser sur un partenariat de croissance avec elle. « Il y a une co-responsabilité entre le négoce et la production sur la situation » estime-t-il. Selon lui, l’origine France a toute sa place dans les linéaires. Et le président de mettre en pièce l’idée reçue selon laquelle le consommateur français serait à la recherche de vins à bas prix. « Si cette demande existait, elle devrait être apparente sur les linéaires. Or ce n’est pas le cas. Il n’y a que quelques centimes d’écart entre les vins espagnols et français sur l'entrée de gamme » fait-il remarquer. Les vins espagnols ont permis de financer la stabilité des prix des marques d’IGP françaises, dont les cours étaient orientés à la hausse sur les dernières années. « Les VDPCE ont vu leur prix augmenter, dégageant une marge qui a permis au négoce de maintenir ses prix sur les marques d’IGP françaises » affirme-t-il. C’est pourquoi il affiche un certain scepticisme quant à la création de volumes dédiés. « Il faut voir s’il y a de vrais besoins » estime-t-il. Et Jean-Marie Fabre d’insister : si ces besoins existent, leur distribution ne pourrait pas se faire sans contractualisation avec le négoce.

 

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