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Gard

Un nouveau syndicat viticole pour des actions musclées

Vendredi 10 février 2017 par Michèle Trévoux

100 viticulteurs étaient présents le 7 février lors de la première réunion du syndicat des vignerons du Gard.
100 viticulteurs étaient présents le 7 février lors de la première réunion du syndicat des vignerons du Gard.
Un nouveau syndicat viticole voit le jour dans le Gard. Son objectif affiché : engager un bras de fer avec la grande distribution pour faire baisser les importations de vins espagnols.

La tension monte dans le landernau viticole en Languedoc. Preuve en est la création du syndicat des vignerons gardois, déterminé à hausser le ton pour défendre ses adhérents. « Nous sommes dans une situation très difficile. Un tiers de la récolte 2016 n’est toujours pas vendu, les retiraisons accusent 3 à 4 mois de retard. Certaines caves coopératives ont des problèmes de trésorerie et font des ouvertures de crédit pour payer les acomptes, d’autres ont réduit le montant des acomptes. Ce sont les prémices d’une nouvelle crise », expose Xavier Fabre, vigneron à Domazan, à l’initiative de la création de ce syndicat.

Avec la grande distribution, il n’y a que le bras de fer qui fonctionne"

Pour le vigneron gardois, la responsabilité de cette mévente revient à la grande distribution française, qui importe massivement à bas prix des vins espagnols qui prennent la place des vins français. « La grande-distribution joue délibérément le jeu des vins espagnols. Elle nous demande à nous, vignerons français, des cahiers des charges de plus en plus contraignants, et n’a visiblement pas les mêmes exigences de traçabilité pour les vins qu’elle importe d’Espagne. Sans compter le manque de clarté dans l’affichage de l’origine de ces vins dans les linéaires, qui induit le consommateur en erreur ».

Toutes ces récriminations, le syndicat entend bien les clamer haut et fort et organiser des actions musclées pour se faire entendre. « Avec la grande distribution, il n’y a que le bras de fer qui fonctionne. C’est notre seul moyen d’action face à des acteurs qui occupent une position dominante », poursuit le vigneron. L’objectif est clair : « Il faut arriver à un changement de politique. Tant que les caves sont pleines, le négoce et la GD doivent acheter des vins français. Nous allons nous mobiliser et mettre la pression pour arriver à nos fins ». Sur le terrain, l’appel semble avoir été entendu. Lors de la première réunion de secteur mardi soir à Bourdic, 100 viticulteurs étaient présents. Le futur syndicat a recueilli ses premières adhésions.  

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VOS RÉACTIONS
albert Le 13 février 2017 à 10:58:40
Essayez de mettre un nom sur "la" viticulture qui serait quantité négligeable ! .... Que je sache, le doigt est encore et toujours pointé sur le LR ! .... et pourtant des aides publiques y ont été balancées depuis 40 ans ... OUI, depuis 40 ans ! ... Mais planter des vignes, ou replanter, ou re-re-replanter, ça n'a de sens que s'il y a un projet, soutenu par une vraie stratégie ! Or, si on laisse de côté les marchés de niche, les domaines "pépites" qui tirent le LR vers le haut (a priori, je pense prioritairement aux caves particulières), dans quel état se trouve à ce jour la viticulture de "masse" ! Toujours aussi soumise au négoce sauf il faut le reconnaître quand se construisent quelques partenariats sur les vins de cépages. Quand je vois Gravegeal s'alarmer de cette "concurrence" espagnole (cépages VSIG), je me dis que l'IGP Oc n'a pas la carrure escomptée voire que le bébé Oc n'est peut-être que l'égal du Colosse de Rhodes. Il est toujours dommageable de considérer que le fautif c'est l'autre. La filière, ses élus (assez confortablement professionnalisés dans leur "mandat" .. quel mandat au fait ?) sont assez décevants tant ils veulent éviter le travail introspectif d'identification de leurs erreurs.
Çentaurs Le 12 février 2017 à 20:06:55
Cette fronde est inéluctable tant les syndicats ne défendent plus les viticulteurs mais le " systeme" dont les syndicats vivent. Pour le plus important d'entre eux, la viticulture est quantité négligeable, l'essentiel est d'assurer la domination des céréaliers sur les éleveurs. Pour les viticulteurs pas d'autres solutions que de se défendre eux mêmes.
mcm Le 11 février 2017 à 13:01:52
c'est vrai c'est la règle de l'UE. Il faut donc sortir de l'UE et de L'euro. C'est vrai que la FNSEA y est totalement opposée!
max le caviste Le 10 février 2017 à 19:53:41
dans le temps j achetai du vrac à des caves coopératives et puis on m a dit les petits volumes ne nous interessent pas on veut vendre à la citerne complète résultat le vrac a quasi disparu ,les "petits cavistes-négoçiant" ne peuvent plus embouteiller et se tournet à contre coeur vers des gros embouteilleurs qui leur impose des produits plus que quelconque et dont on se sait la provenance....il faut peut etre aussi se poser les bonnes questions les transporteurs de vrac ne peuvent plus charger la plupart du temps à partir du jeudi 16h ....il faut peut etre se remettre au boulot ?
TriGo23 Le 10 février 2017 à 16:22:02
...le négoce et la GD doivent acheter des vins français... Doivent???? #boycottvinsdugard
craoux Le 10 février 2017 à 10:46:27
C'est risible ... ne savent-ils pas, ces viticulteurs gardois, que la liberté des échanges est un principe incontournable de l'économie de marché, de la pratique au sin de l'UE ? ... est-ce qu'ils remettent en cause ce principe en n'achetant pas vêtements - chaussures et que sais-je encore, tous produits qui sont proposés à des prix ébouriffants voire incompréhensibles dans ces magasins franchisés (ex : La Halle), pullulant dans nos centres commerciaux, qui s'approvisionnent là où la main d'œuvre ne vaut RIEN ! ... N'achètent-ils jamais de fringues à Décathlon (regardez-bien où sont fabriqués tous les produits de cette chaîne !) ! .... Non, leur réponse à ces chers gardois n'est pas appropriée car surtout et avant tout elle est très égoïste, elle vise un seul but : défendre leurs propres intérêts. C'est à une profonde reconsidération des bases de l'économie marchande mondiale qu'il faudrait travailler. Pas à exiger du négoce "qu'il achète mes vins" ... Triste.
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