LE FIL

Signes de qualité

Le défi de l’agro-écologie entre les mains des ODG

Mercredi 14 décembre 2016 par Marion Sepeau Ivaldi

Jean-Luc Dairien, directeur général de l'Inao : ' les mesures agro-environnementales répondent à une anticipation sur une évolution inéluctable'.
Jean-Luc Dairien, directeur général de l'Inao : ' les mesures agro-environnementales répondent à une anticipation sur une évolution inéluctable'. - crédit photo : Marion Sepeau Ivaldi
Alors que la fin de l’année se profile, Jean-Luc Dairien, directeur de l’Inao a fait le point sur les réalisations de l’année. Au premier rang desquelles figure la définition de mesures agro-environnementales.

« Lors des vœux 2017 de l’Inao, nous pourrons présenter quarante mesures agro-environnementales à Stéphane Le Foll, lui qui nous confiait lors des vœux 2016, la tâche de les définir » s’est satisfait Jean-Luc Dairien, directeur de l’Inao. L’Inao a donc relevé le challenge que lui a lancé son ministre de tutelle. Ces mesures doivent encore fait l’objet d’une approbation par les différents comités pour qu’elles soient définitivement validées. Ce qui est prévu lors du premier trimestre 2017.

Il faudra donc attendre encore pour les découvrir. Le directeur de l’Inao préserve un certain flou sur leur contenu, ne citant, pour la viticulture, que des mesures d’enherbement. Quand le voile sera définitivement levé, les ODG devront choisir d’en introduire une ou plusieurs dans leur cahier des charges. Ou d’y renoncer. Les cahiers des charges modifiés avec ces mesures seront quasi-automatiquement validés par l'Inao (la PNO aura bien lieu néanmoins). Les ODG pourront également imaginer d’autres mesures que celles définies par l’Inao mais elles devront alors se soumettre au processus classique de modification des cahiers des charges et devront les justifier.

La viticulture à la traîne

La viticulture va-t-elle prendre le chemin de ce « verdissement » des signes de qualité ? Il semble qu’elle traîne un peu la patte en comparaison du secteur laitier. « Au sein de celui-ci, la conjoncture est un peu moins difficile que dans la viticulture qui a connu différents aléas climatiques en 2016. Le secteur laitier sera sans doute prêt avant le secteur viticole » a justifié Jean-Luc Dairien. Mais, pour lui, les ODG ne doivent pas tergiverser sur l’intérêt ou non d’adopter ces mesures. « Elles répondent à une anticipation sur une évolution inéluctable. Dans les 20 ans qui viennent, l’agriculture n’ira pas dans un autre sens qu’une meilleure prise en compte de l’environnement. C’est le consommateur qui le réclame ! Les signes de qualité ont un lien au terroir et de protection de ces terroirs. Ils ont une obligation d’exemplarité car c’est une condition de crédibilité pour l’AOC. Dans le domaine, nous ne ferons pas la révolution mais cette orientation doit être affirmée ! » a-t-il commenté.

À ceux qui s’interrogent sur la perte économique possible liée à la généralisation des pratiques environnementales, Jean-Luc Dairien répond sur la nécessaire réflexion économique qui doit guider les ODG. « À eux de créer les conditions d’une l’organisation commerciale pour que la charge financière soit supportable » estime-t-il. Et de rappeler que l’Inao attend que « chaque ODG adopte une approche économique. À chaque fois qu’il y a une évolution des cahiers de charges, les ODG doivent se demander : qu’est-ce que cela me coûte, qu’est-ce que cela me rapporte ? ». Une analyse coût/bénéfice classique !

Un invité de marque

Cette dernière conférence de presse de l’Inao clôturant l’année 2016 a été marquée par la présence d’un hôte de choix. Michel Bettane en personne y a assisté, un peu comme un jeune écolier, malgré ses 30 ans de carrière. Le journaliste a expliqué n’y avoir jamais été convié ! Il a donc découvert ce rituel journalistique, un brin académique où l’on parle vin mais aussi fromage, charcuterie, lentilles, miel…

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