LE FIL

Paradis blanc

Martell a l’ambition de placer Cognac sur la carte artistique mondiale

Lundi 17 octobre 2016 par Alexandre Abellan

Premier tour de piste officiel pour cette oeuvre déambulatoire de 600 m2, qui sera démontée fin janvier 2017, en prélude aux travaux du rez-de-chaussée de Gâtebourse.Premier tour de piste officiel pour cette oeuvre déambulatoire de 600 m2, qui sera démontée fin janvier 2017, en prélude aux travaux du rez-de-chaussée de Gâtebourse. - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
Préfigurant le renouveau du site de Gâtebourse, l’inauguration de la fondation Martell veut donner à la maison la légitimité de créer un pôle d’attraction mondial au coeur de la Charente. Pour l'instant, la page reste blanche.

En inaugurant la fondation d’entreprise de Martell, ce 13 octobre à Cognac, son PDG, César Giron, sent vibrer rien de moins que le souffle de la création d'un pôle artistique, culturel et touristique de classe internationale. « Dans le monde, de nombreuses fondations ont démontré qu’avec une programmation artistique spécifique, il est possible de créer de l’attraction » confie César Giron. Et ça tombe bien, ajoute le PDG de Martell Mumm Perrier-Jouët (groupe Pernod Ricard), Cognac est dans cette dynamique avec les ouvertures successives, mais non concertées, d’un hôtel quatre étoiles et de nouvelles offres oenotouristiques (comme l’ambitieux parcours Hennessy).

Construction modulable

Ancienne usine d’embouteillage de Martell, le site de Gâtebourse a fini sa mue extérieure, faisant tomber les murs pour mieux s’insérer dans le centre-ville de Cognac. Mais en ce qui concerne son intérieur, les aménagements sont encore à venir, dépendant directement des futures orientations de la Fondation Martell. Si une partie du rez-de-chaussée est déjà aménagée afin de recevoir les visiteurs (avec un bar/boutique), le reste tient encore du passé industriel du lieu. Le gros des travaux doit commencer début 2017, pour une ré-ouverture du rez-de-chaussée et de la terrasse début 2018. Le projet de Martell est d’ouvrir chaque année une nouvelle zone aménagée du bâtiment, offrant de nouvelles activités et oeuvres.

« La fondation sera tournée vers la création, qui réunira autour de projets à dimension variable des artistes, des artisans, des nouvelles technologies, des savoir-faire traditionnels » tente d’expliquer Nathalie Viot, la directrice de la fondation. L'historienne de l'art a l’ambition d’en faire « un lieu de référence en matière de recherche et de mixité des métiers ». En attendant le lancement réel de la fondation, en janvier 2017, une oeuvre de préfiguration a tenté de concrétiser ces nobles aspirations.

All white colour thema

Intitulée Par nature, 2016, l’installation temporaire de Vincent Lamouroux a pour le moins laissé décontenancés ses premiers visiteurs. Îlot de sable intégralement blanchi à la chaux, l’oeuvre propose au visiteur de déambuler sur des passerelles, entre palmiers et oiseaux de paradis. Si le sable a été fourni par le verrier Vérallia et le bois par la tonnellerie Leroi, la grille de lecture proposée par Vincent Lamouroux laisse perplexe. Selon lui, il s’agit de proposer au visiteur une déambulation en dehors du temps et de l’espace, en terra incognita. Une approche contemporaine assez hermétique pour le grand public. Ce qui n’est pas sans rappeler le caustique happening blanc de l’artiste Holeraw, inventé par Enki Bilal dans sa bande-dessinée d'anticipation 32 Décembre. Le second degré en moins.

 

« Cette pièce a été élaborée pour cet espace. C’est une oeuvre circulatoire qui déploie des passerelles et invite le visiteur à voyager, prendre son temps » verbalise Vincent Lamouroux.

Tags : Cognac Arts

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