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Contrefaçon

La Bourgogne veut protéger ses 100 AOC de vin en Chine

Jeudi 13 octobre 2016 par Alexandre Abellan

Au-delà de la copie pure et dure de vins connus, la contrefaçon asiatique de vins repose surtout sur le détournement de termes connus. Comme ici la 'Romanée-Conti', dans un col 'd'AOC Languedoc', 'mis en bouteille à Montpellier'...
Au-delà de la copie pure et dure de vins connus, la contrefaçon asiatique de vins repose surtout sur le détournement de termes connus. Comme ici la 'Romanée-Conti', dans un col 'd'AOC Languedoc', 'mis en bouteille à Montpellier'... - crédit photo : CCEF
Actée par l’interprofession, la longue démarche de reconnaissance officielle des indications géographiques bourguignonnes est en phase de lancement auprès de l'administration.

Le Bureau Interprofessionnel du Vin de Bourgogne vient d’engager un processus de longue haleine : la reconnaissance de l’ensemble de ses appellations par les autorités chinoises. Si le budget et le calendrier du projet sont tout sauf précis, l’initiative bourguignonne se veut optimiste. Cet état d'esprit s'appuie ouvertement sur le précédent des deux ans de procédures du vignoble girondin, qui a d’abord fait reconnaître l’AOC Bordeaux en 2015, puis 45 autres Indications Géographiques en juin dernier (ne manque plus que l’AOC Crémant de Bordeaux, voir encadré).

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« Les vins de Bordeaux ont ouvert la voie avec le premier dépôt collectif d’un grand vignoble*. Nous allons suivre la même procédure » explique André Ségala, le directeur général du BIVB. Actuellement, l’interprofession bourguignonne commence à échanger avec le ministère de l’Agriculture, afin de préparer l’ouverture d’une démarche de dépôt auprès de l'Administration Chinoise de la Supervision de la Qualité, l'Inspection et la Quarantaine (l’AQSIQ). S'appuyant sur l’expérience du Conseil Interprofessionnel des Vins de Bordeaux, André Ségala espère que la procédure sera facilitée. Mais ne cache pas qu’avec une centaine de dossiers à préparer, elle s’annonce longue.

Protéger les développements futurs

En 2015, la Chine était le onzième marché export en volume pour les vins de Bourgogne (1,5 million de cols, -9 % par rapport à 2014), et le douzième en valeur (17,5 millions €, +11 %) selon les statistiques du BIVB. Sur les sept premiers mois de 2016, recul en volume et hausse en valeur se confirment (-7 % à 833 000 cols, et +19 % à 12 millions €). Aujourd’hui, le marché chinois n’est pas crucial pour la Bourgogne en termes de volumes reconnaît André Ségala. « Mais c’est incontestablement un grand marché d’avenir. Nous estimons qu’il est temps de s’engager dans la protection » précise-t-il.

La défense renforcée en Chine doit permettre de lutter contre l'usurpation et le parasitisme des appellations bourguignonnes. « Il y a fréquemment des tentatives de dépôts de marques frauduleuses. Que ce soit pour les grands crus (Romanée-Conti, Nuits-Saint-Georges…) ou l’appellation régionale (en changeant une lettre…) » rapporte André Ségala.

 

* : Avant l'ensemble des appellations bordelaises, l'AOC Champagne a été reconnue par la Chine en 2013, l'AOC Cognac en 2009, mais aussi la Napa Valley en 2012 et le Scotch Whisky en 2009.

Protection de crémants

À noter qu’en parallèle, les crémants de Bourgogne et ceux de Bordeaux ont été missionnés par Fédération Nationale des Producteurs et Elaborateurs de Crémants pour travailler à des dossiers modèle de reconnaissance d'IG par la Chine. Une fois ces deux crémants inscrits, via leurs interprofessions respectives, ces jalons pourraient être exploitables par les autres crémants français (Alsace, Die, Jura, Limoux, Loire, et Savoie).

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