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Simon Thompson
« La distillation n'est pas l'ultime recours avant de jeter le vin à l'égout »

Marché de niche, le gin premium se développe sur les marchés européens et ouvre de nouvelles perspectives aux eaux-de-vie de vin. Exemple avec un entrepreneur britannique dans le Bordelais, a l'occasion du Salon Quitessence.
Par Alexandre Abellan Le 12 septembre 2016
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« La distillation n'est pas l'ultime recours avant de jeter le vin à l'égout »
Ayant grandi à Cognac et croyant dans la Fine Bordeaux, Simon Thompson essaie désormais de faire le lien entre la culture charentaise du distillat et la tradition viticole girondine. - crédit photo : Thompson's
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es macérations de caviar d’Aquitaine, de pêche de vigne, de poivre de Jamaïque, d’écorces d’orange et de citron… Les ingrédients du gin Thompson’s sont pour le moins étonnants : « dans nos essais de recette, on avait aussi essayé le piment d’Espelette et la laitue de mer » se souvient, amusé, Simon Thompson, consultant en marketing qui a lancé sa marque de spiritueux. Mais le principal ingrédient de sa recette reste un alcool vinique. « On ne le présente pas souvent comme ça, mais la base du gin est la vodka » glisse malicieusement Simon Thompson, qui a donc utilisé comme base une vodka, qu’il produit depuis 2014 avec la distillerie viticole du Blayais*.

Mais à Bordeaux, un alcool à base de vin serait finalement le plus déroutant des ingrédients. « Dans la culture vigneronne, la distillation est perçue comme le dernier recours avant de jeter le vin à l’égout. Ce n’est pas dans les moeurs, mais il y a un renouveau du distillat » dédramatise Simon Thompson, qui revendique « être né du côté distillé de la barrière ».

Modeste marché de niche

Produisant des petites quantités (ou small batch), la maison Thompson’s se développe sur les marchés export : Royaume-Uni, Belgique, Allemagne… « Sur ces marchés, on reste sur la lancée d’une folie du gin. En France, il y a le phénomène du rhum, mais, pour l’instant, on ne voit que les prémices d’un intérêt pour le gin » estime Simon Thompson, qui part justement à la recherche distributeur lors du salon France Quintessence, qui se tient aujourd’hui pour les professionnels (Pavillon Ledoyen, Paris VIII).

Cet été, la maison Thompson vient d’embouteiller 4 700 bouteilles de gin, commercialisées 39 € TTC. En 2015, sa commercialisation totale était de 15 000 cols de spiritueux : gin, vodka, scotch whiskies en Sauternes finish… Et fine de Bordeaux. Simon Thompson fait en effet partie des promoteurs de cette indication géographique. « Le domaine viticole de Bordeaux est archiconnu, c’est un nom magique qu’il paraît intéressant d’associer avec une eau-de-vie » estime-t-il.

 

* : Il s’agit d’une double distillation, montant le degré d’un vin à 8 degrés d’alcool à 94 puis 96°.alc. Au final, l’alcool vinique représente 37 % du volume du gin.
 

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