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Bouc émissaire

Le site de vins en vrac de Vinadeis dévasté par le CRAV

Mercredi 20 juillet 2016 par Alexandre Abellan

Alors que les vendanges approchent, la colère embrase une partie du vignoble languedocien. Elle s’est exprimée avec bris de verre et flammes à Sudvin, dans les alentours de Béziers.
Alors que les vendanges approchent, la colère embrase une partie du vignoble languedocien. Elle s’est exprimée avec bris de verre et flammes à Sudvin, dans les alentours de Béziers. - crédit photo : Vinadeis
Située à Béziers, la plate-forme coopérative flambant neuve vient de servir de victime expiatoire à des vignerons languedociens, reprochant aux vins espagnols leurs difficultés commerciales actuelles.

Dans la nuit du 19 au 20 juillet, le site Sudvin de Vinadeis a été incendié par le Comité Régional d’Action Viticole (CRAV*). « L’incendie a provoqué d’importants dégâts matériels dans les locaux du site inauguré en mai dernier, sans heureusement faire de victime » annonce avec retenue un communiqué du groupe coopératif, qui précise qu’« une plainte a déjà été déposée pour dénoncer ces actes de vandalisme ».

Bouc émissaire

Couverte par France3 Languedoc-Roussillon, cette action de vandalisme a mobilisé une trentaine de viticulteurs languedociens, saccageant et incendiant les locaux administratifs (sans s’en prendre à la cuverie, vide). Selon un membre, masqué, du commando : « on est à un mois des vendanges et les caves sont pleines, car il y a du vin qui rentre de l'étranger. Les premiers responsables se sont les groupements de producteurs, qui importent du vin à bas prix. »

Cette opération coup de poing marque une nouvelle escalade dans les tensions ayant abouti, en avril dernier, à la vidange de cinq camions citernes de vins espagnols à la frontière, puis, ce début juillet, à l'incendie d’un vigneron audois (revendiqué par le Comité d’Action Viticole). La colère reste d’autant plus forte que les retiraisons dans le vignoble languedocien sont clairement décevantes en cette fin de campagne (cliquer ici pour en savoir plus).

Constater avant de commenter

A l’heure des constats, d’assurance et de police, le groupe coopératif se refuse quant à lui à tout commentaire à chaud. Il semble cependant que les équipes soient particulièrement choquées par la violence de cette agression, et la froide organisation qui l’a structurée. Le coup est d’autant plus dur pour le groupe coopératif que Sudvin ne traite pas de vins espagnols, mais s’est donné pour ambition la valorisation des vins en vrac de la région (avec un investissement de 6,2 millions d’euros pour une surface de 20 000 mètres carrés et 55 000 hectolitres de cuverie).

 

* : Les dernières  actions du CRAV remontent à un pic de vandalisme à la fin 2009 (sur un chai de vinification et des enseignes du hard-discount dans l’Aude). L’explosion en 2013 de la permanence du PS de Carcassonne avait été revendiquée par le CAV.

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VOS RÉACTIONS
Aetius Le 21 juillet 2016 à 19:56:38
Le CRAV ; une insulte à intelligence en général et à la viticulture en particulier.viens encore de nous faire la piètre démonstration de leur incapacité à appréhender la réalité D une conjoncture économique Heureusement ils sont fortement minoritaires
brigitte Le 21 juillet 2016 à 15:18:58
Belle région, ou des viticulteurs s'attaquent a leurs propres structures
La verite Le 21 juillet 2016 à 07:06:20
Vinadeis et ses filiales plus gros importateurd de vin espagnol du monde coopératif ! De jouer les innocents je rigole !
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