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L’IPC Bordeaux s’ouvre aux étudiants et prescripteurs indiens

Mercredi 15 juin 2016 par Alexandre Abellan

Jacques Faurens, Yann Chaigne et Philippe Castéja accueillaient ce 13 juin les étudiants indiens à l’Espace 1855 de la CCI de Bordeaux.
Jacques Faurens, Yann Chaigne et Philippe Castéja accueillaient ce 13 juin les étudiants indiens à l’Espace 1855 de la CCI de Bordeaux. - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
Ce programme anglophone permet à l’IPC de prendre la route des Indes. Et de jouer les précurseurs dans un pays de consommation et de production aussi prometteur qu’embryonnaire.

A Bordeaux, l’Institut de Promotion Commerciale des Vins et Spiritueux (IPC) accueille les 14 premiers étudiants indiens de sa nouvelle formation. Baptisé « Post Graduate Diploma Wine & Spirits Business Management », ce cursus d’un an est conçu en partenariat avec l’université indienne de Pune (et sa Lotus Business School). Après trois mois de cours en Inde, sur le management et l’économie des ventes, les étudiants vont passer trois mois en France, se focalisant sur le marketing des vins et spiritueux, l’import/export, l’oenotourisme et surtout la dégustation. Pour obtenir leur diplôme, ils devront encore réaliser trois à six mois de stage en France (ou autre pays européen).

Menée intégralement en anglais, cette formation concrétise un projet initié il y a un an et demi par l’université indienne. Les deux partenaires prévoient déjà la prochaine promotion du diplôme, pour début 2017 avec une trentaine d’élèves. « C’est un public qui est demandeur, qui s’ouvre et n’a pas de connaissance. Dans le vin, c’est toujours pareil, c’est celui qui en parle le mieux qui en vend le plus ! » s’enthousiasme Yann Chaigne, le nouveau responsable des formations de l’IPC. « Nous sommes très satisfaits de cette première cuvée, avec des profils s’approchant de ceux de l’IPC. Âgés de 24 à 40 ans, ces étudiants sont souvent en reconversion professionnelle, après des diplômes et des expériences professionnelles. »

Placer ses billes

Emanation de la Chambre du Commerce et de l’Industrie de Bordeaux, cette formation est également l’occasion de sensibiliser de nouveaux prescripteurs. « Le programme doit aussi nous permettre via la formation économique de créer des liens entre nos deux pays » ne cache pas Jacques Faurens, le vice-président de la CCI.

Faisant partie des fameux BRICS*, l’Inde est un marché prometteur, même s’il est loin d’être encore émergent : la consommation annuelle de vin par habitant y est de 0,1 litre. Quand les expéditions de vins français s’y limitent à 6 millions d’hectolitres. « Le marché indien reste une grande question pour nous, à cause de ses taxes et de ses difficultés de distribution » confirme Philippe Castéja, le président du Conseil des Grands Crus Classés en 1855.

Mais « souvenons-nous de la Chine d’avant 2008. Personne ne voulait y aller. Ceux qui ont posé des jalons malgré tout avaient un boulevard quand le marché s’est ouvert. Il en sera de même quand les taxes indiennes se seront assouplies » prévient Yann Chaigne.

Formations pionnières

Actuellement, l’IPC accueille une centaine d’étudiants. Ouvert à d’autres partenariats avec l’étranger, Yann Chaigne se fait un point d’honneur à développer des programmes inédits. Il va ainsi dévoiler sous peu des formations diplômantes dédiées aux thés et cafés.

 

* : Soit Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud.

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