LE FIL

Intempéries

Le mildiou met la pression

Lundi 06 juin 2016 par Christelle Stef

Taches de mildiou sur feuilles
Taches de mildiou sur feuilles - crédit photo : Christelle Stef
Les pluies diluviennes tombées en mai ont favorisé le champignon. Partout, on s’attend à de fortes sorties de taches.

360 à 590 mm en Alsace, 450 mm dans le Bordelais, plus de 500 mm en Côte d'Or. Depuis le 1er janvier, les cumuls de pluie sont impressionnants. Ce n'est pas pour déplaire au mildiou. Dans bon nombre de région, le parasite met la pression aux viticulteurs. « On observe des taches sporulantes dans toutes les parcelles. Cela va de quelques-unes par parcelle à plusieurs par pieds. On note également des sorties sur inflorescence avec des grappes déformées en crosse », rapporte Marie-Noëlle Lauer, de la chambre d'agriculture d'Alsace.

Dans un bulletin du 31 mai, celle-ci avertit les viticulteurs : « la cadence des traitements doit être réduite à 10 jours avec les produits ayant une rémanence de 12 – 14 jours. Les produits de contact sont à renouveler après lessivage et/ou au bout de 8 jours ».

Des temps d'humectation colossaux

A Sancerre, on s’attend aussi à des sorties importantes. « Nous sommes noyés sous la pluie. Courant mai, nous avons eu 16 à 17 jours de pluie. Les viticulteurs ont positionné leur deuxième traitement dans la semaine du 23 mai. Depuis, ils ont pris quasiment 100 mm. Et les temps d'humectation sont colossaux, de l'ordre de 20 h par jour depuis trois semaines. Le mildiou est en pleine forme », déplorait François Dal le 1er juin.

En Côte d'Or, dans la plupart des parcelles, la situation était maîtrisée au 1er juin. « Au vu des cumuls de pluie, la présence du mildiou est étonnement limitée », notait Benoît Bazerolle, de la chambre d'agriculture, ce jour-là. En apparence seulement ? Peut-être. « Ces derniers jours, il y a eu des déficits de protection. De gros cumuls de pluie ont lessivé le cuivre. Puis d'autres pluies sont tombées alors que les parcelles n'étaient plus protégées », expliquait-il.

Pas de catastrophe

Même les Pyrénées-Orientales et l’Aude étaient en alerte. « Cette année, les taches sur feuilles ne sont pas rares. Mais ce n'est pas la catastrophe car avec les températures fraîches, les cycles sont longs. Mais ceux-ci pourraient s'accélérer si les températures remontent », explique Emmanuel Rouchaud, de la chambre d'agriculture de l’Aude.

Dans le Bordelais, la pression était très élevée mais le vignoble sain. « Les viticulteurs ont démarré les traitements très tôt dès la mi-avril », rapporte Cédric Elia de l'Adar des deux rives.

En Charente-Maritime, la situation était également plutôt calme au 1er juin.

RÉAGISSEZ A L'ARTICLE

Recopier le code :
Processing
Voir toutes les réactions
© Vitisphere 2020 - Tout droit réservé