LE FIL

Arrachage et replantation

Quand le muscadet alimente la croissance du cognac

Lundi 25 avril 2016 par Bertrand Collard
Article mis à jour le 26/04/2016 11:13:29

Stéphane Roy,  le président de l'UGVC, l'ODG du cognac : ' Ici, les vignes coûtent entre 45000 et 55000 euros par ha. En Muscadet, c'est 10000 euros par ha'.Stéphane Roy, le président de l'UGVC, l'ODG du cognac : ' Ici, les vignes coûtent entre 45000 et 55000 euros par ha. En Muscadet, c'est 10000 euros par ha'. - crédit photo : Alexandre Abellan
Des viticulteurs de Cognac achètent des vignes en Muscadet pour replanter la surface équivalente chez eux. Le syndicat des producteurs s'insurge contre cette pratique qu'il juge déloyale.

Les responsables du Cognac s’alarment : des producteurs locaux sont en train d’acheter ou de louer des vignes dans le Muscadet pour les arracher et replanter la même surface chez eux. L’opération est tout à fait légale avec le nouveau système des autorisations de plantation et depuis que la règle interdisant à une exploitation d’avoir des parcelles à plus de 70 km de son siège a sauté. Il suffit d’inscrire sa nouvelle parcelle au CVI et de faire au moins une récolte. Mais à ce train-là, le vignoble de Cognac va croître de manière incontrôlée.

Affaires juteuses

Sentant que de juteuses affaires sont possibles, des marchands de bien font le lien entre les deux régions. « Ils sont à la recherche de vignes à 10 000 euros », assure un responsable professionnel.

Impossible d’évaluer l’importance de ce nouveau phénomène. « On parle de dizaines d’hectares, indique Stéphane Roy, le président de l’UGVC, l’ODG du Cognac. Ici, les vignes coûtent entre 45 000 et 55 000 euros par ha. En Muscadet, c’est 10 000 euros par hectare. Pour les producteurs, c’est donc moins cher d’acheter des vignes à arracher là-bas qu’une parcelle ici. C’est une affaire, bien sûr. Mais c’est déloyal vis-à-vis de l’ensemble de la viticulture. »
 
Le syndicat est bien désarmé face à cette situation. Son vignoble étant sans IG, il ne peut pas mettre de contraintes à la replantation. « On appelle tout le monde à se mettre autour de la table pour résoudre ce problème », indique Stéphane Roy. Des réunions sont prévues à FranceAgriMer. Mais, pour l’instant, les fonctionnaires interrogés ne voient pas d’issue.

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VOS RÉACTIONS
craoux Le 06 mai 2016 à 21:53:17
Mais ne serait-il pas temps que les professionnels prennent leurs responsabilités (d'adultes ?) ? ... Que les maisons de négoce s'accordent entre elles sur des quotas respectifs d'alcool (distillats Cognac) calés sur leurs références commerciales historiques. Est-il besoin de paniquer le marché du foncier (à la hausse) en ne voyant comme issue à cette "crise" que de recourir à un cadenassage inaoesque du vignoble par l'amont ? .. c'est édifiant de constater que les "partenaires" économiques ne sont pas capables de trouver des solutions simples.
mestres Le 05 mai 2016 à 15:05:39
Mme Mr , cette pratique est dénoncée, mais après de telles modifications il fallait s'y attendre cela pourrait faire le jeu des appellations du Sud à savoir l'achat de vignoble.
arrive jean-marie Le 26 avril 2016 à 22:59:30
Lorsque la nouvelle réglementation INAO a été mise en place, il fallait mettre le vignoble en Inao et pas le produit de la distillation monsieur ROY. 1 Les viticulteurs détenait l'appellation 2 Seul les vignes plantées en cépage Cognac avaient l'appellation. A vouloir le beurre et l'argent du beurre vous avez perdu la crémière Le feu est dans la maison, dépechez-vous , c'est vous qui avez les rênes Bon courage la viticulture vous regarde JM ARRIVE
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