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Languedoc

L’IGP Terre du Midi déposée à l’INAO

Mercredi 30 mars 2016 par Marion Sepeau Ivaldi

Les vins IGP des départements de l'Aude, de l'Hérault et du Gard pourraient se regrouper sous une même IGP : Terre du Midi.
Les vins IGP des départements de l'Aude, de l'Hérault et du Gard pourraient se regrouper sous une même IGP : Terre du Midi. - crédit photo : DR
Le projet de création de l’IGP Terre du Midi se concrétise un peu plus avec le dépôt du cahier des charges à l’INAO. Mais sa naissance ne se fait pas sans mises en garde.

René Moréno, président de l’ODG de l’IGP Hérault, ne cache pas sa satisfaction. Celle qu’il appelle de ses vœux depuis plusieurs années, l’IGP Terre du Midi, commence à prendre forme avec le dépôt de son cahier des charges le 1er mars dernier auprès de l’INAO. Cette nouvelle dénomination a vocation à rassembler l’offre des IGP de départements (Aude, Hérault, Gard), soit actuellement 1,3 million d’hl. « Cette dénomination doit offrir un volume conséquent de vins d’assemblage » énonce René Moréno qui souligne qu’elle est créée en partenariat avec le négoce qui soutient le projet. L’idée est de donner un second souffle à ces vins qui ne trouvaient plus leur place sur le marché depuis la création des vins sans indication géographique, tout en ayant un potentiel de production élevé avec un rendement autorisé à 120 hl/ha.

Un nouveau barreau à l'échelle régionale

Reste que René Moréno a beau prêcher la bonne parole, répétant à l’envie que seuls les vins d’assemblages sont concernés, les doutes sur le bienfondé de cette nouvelle dénomination persistent et se font plus libres que jamais. Les Vignerons indépendants du Languedoc-Roussillon ont ainsi pris, lors de leur conseil d’administration début mars, une position nuancée. « Si nous adhérons au projet de créer une IGP de territoire si et seulement si elle concerne des vins d’assemblage. Cette dénomination couvre quasiment les mêmes territoires que l’IGP d’Oc. Si cette nouvelle dénomination venait à communiquer sur un seul cépage, il y aurait un risque réel de destabilisation de la hiérarchie de l’offre actuelle » affirme Jean-Marie Fabre, président des Vignerons indépendants. Avec des AOP avoisinant les 120 euros/hl, des IGP d’OC à 90 euros/hl et des vins de départements devenus Terre du Midi à 70 euros/hl, les acheteurs pourraient rapidement y voir leur intérêt. « On risque de casser le cloisonnement. Cela pourrait faire baisser les cours de l’ensemble de la zone » s’inquiète Gérard Bancillon, président des Collines du Bourdic. Or si Terre du Midi est bien une IGP d'assemblage, certaines conditions permettent d’y apposer le nom du département et le nom du cépage. Or cette nuance sème le doute. « Nous y sommes opposés » martèle Jean-Marie Fabre. Pour René Moréno, cette possibilité ne concernera que des volumes confidentiels et les inquiétudes n’ont pas lieu d’être.

Enfin, si Terre du Midi fait grincer des dents, elle obtient également le soutien de certains comme les Vignerons coopérateurs du Languedoc-Roussillon qui indiquent la nécessité de créer « un segment IGP socle régional entre les vins IGP Pays d’Oc et les « vins sans IG » », estimant que Terre du Midi « parait pertinente ». Et d’ajouter qu’« il est nécessaire de gérer l’ensemble de la filière IGP LR en parfaite cohérence. Pour atteindre cet objectif, il est nécessaire de simplifier l’organisation actuelle et de regrouper l’ensemble des ODG en charge des IGP autour de l’ODG Pays d’Oc en une seule ODG Régionale », une proposition que les vignerons cotisans sauront, sans aucun doute, apprécier. Pour Boris Calmette, il s'agit surtout d'apaiser la situation en créant une gouvernance qui fera taire "toutes les inquiétudes de concurrence entre l'IGP Terre du Midi et l'IGP Pays d'Oc". En attendant l'assemblée constitutive de Terre du Midi, prévue le 8 avril, la balle est désormais dans le camp de Pays d’Oc et des trois ODG d'IGP de département. 

 

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