e goût prime sur l’impact environnemental. C’est une des conclusions cardinales d’une étude menée en 2025 par une équipe du centre de recherche suisse Agroscope, « explorant la perception qu'ont les consommateurs suisses des vins issus de ces cépages par rapport aux vins issus de cépages traditionnels ». Ils ajoutent que « les informations sur les vins issus de cépages résistants n'ayant eu que peu d'effet » sur les appréciations des consommateurs de l’étude, « il convient donc de mettre l'accent sur la qualité sensorielle et la dégustation pour la vente des vins issus de cépages résistants ».
Des vins blancs et rouges issus de cépages résistants (Souvignier gris et Divona en blanc, Divico et assemblage de VB Cal 1-28, VB Cal 1-36, Divico, Cabaret noir et Regent en rouge) ont été dégustés par une cohorte de 266 consommateurs répartis en trois groupes, ou clusters. Des vins de Chasselas, de Pinot noir et de Gamay, constituaient en parallèle les vins de référence blancs et rouges issus de cépages traditionnels « pour représenter les préférences des consommateurs suisses », précisent les chercheurs.
Globalement, tous les vins présentés ont été appréciés par les consommateurs., mais « une classification hiérarchique a permis de regrouper les participants en cluster en fonction de leurs préférences », précisent les auteurs de l’étude, alors que les participants étaient issus de trois zones géographiques distinctes : l’ouest francophone vaudois à Changins, le centre mêlant francophones et germanophones à Berne, et une majorité de germanophones de l’est à Zurich. Qu’ils soient informés du cépage qu’ils dégustent ou non, les consommateurs n’ont pas fait varier leur appréciation sur les vins blancs présentés, quel que soit le cluster. En revanche, les consommateurs d’un des clusters ont « attribué des notes significativement plus élevées que ceux qui n'étaient pas informés » quand ils savaient que les vins rouges qu’ils dégustent sont issus de cépages résistants. Mais cette observation n’a pas été retrouvée dans les deux autres clusters, qui comprenaient des consommateurs moins préoccupés par les aspects environnementaux (voir encadré).
Les informations sur les vins issus de cépages résistants n'ont donc eu que peu d'effet auprès de la cohorte de consommateurs de l’étude. « L'effet modéré de l'information sur la plupart des consommateurs interrogés suggère que la qualité du vin est l'attribut le plus important pour les consommateurs suisses », valide l’équipe de recherche dans sa publication.
Le cluster 1 compte davantage de consommateurs qui connaissent la signification de l'expression cépage résistant et les noms de certaines de ces variétés, telles que Solaris et Regent. Ils trouvent que les cépages résistants ont une bonne qualité sensorielle et ils apprécient la nouveauté lors de leurs achats de vins. Le cluster 1 comprend principalement des consommateurs germanophones qui connaissent les cépages résistants et qui accordent de l'importance à l'origine, aux étiquettes, à la nouveauté et aux aspects environnementaux.
Le cluster 2 a moins de connaissances sur le vin, dépense moins d'argent pour celui-ci et montre peu d'intérêt pour les variétés inconnues. Le cluster 2, principalement composé de Zurichois, ne connaît pas la plupart des cépages résistants (à l'exception du Souvignier gris) et accorde peu d'attention à l'origine du vin.
Enfin, le cluster 3 comprend une plus grande proportion de consommateurs qui considèrent que les cépages résistants ont une qualité sensorielle inférieure et qui achètent rarement du vin dans les supermarchés. Le cluster 3, principalement composé de francophones vaudois, comprend des participants plus âgés ayant une meilleure connaissance du vin. Ils privilégient la région, le producteur et le cépage, mais sont moins préoccupés par l'environnement.



