éunissant depuis 1990 le château Smith Haut Lafitte (80 hectares bio de grand cru classé de Graves) et 2020 la propriété Cathiard Vineyard (26 ha dans la Napa Valley), les vignobles de la famille Cathiard réorganisent leur gouvernance : Florence Cathiard (79 ans) cède la présidence du directoire à ses filles Mathilde Thomas (54 ans) et Alice Tourbier (48 ans), qui seront appuyées par l’arrivée au directoire de Tracey Dobbin (50 ans), master of wine canadienne qui a notamment conseillé le château Ducru-Beaucaillou (grand cru classé en 1855 de Saint-Julien).
« Mes filles sont bien sûr très motivées et attachées à notre vignoble qui est la matrice de tout, mais elles ont toutes les deux des affaires plus grosses à gérer » explique à Vitisphere Florence Cathiard, pointant qu’il n’y a pas de comparaison entre ses vignobles et le groupe de cosmétiques Caudalie (pionnier sur l’usage des polyphénols du raisin rouge et piloté par Mathilde Thomas avec son époux Bertrand Thomas, 55 ans) ou les hôtels les Sources (présents dans les Graves et à Cheverny, avec une ouverture en Bourgogne à Vougeot ce mois de février puis en Alsace au clos château d’Isenbourg l’an prochain, gérés par Alice Tourbier et son mari Jérôme Tourbier, 47 ans). L’ensemble des activités familiales étant dirigées par trois couples note Florence Cathiard, qui partage les projets de son époux Daniel Cathiard depuis les compétitions internationales de ski jusqu’aux vignobles, en passant par les magasins Go Sport. « On a été pionniers en ouvrant le château le dimanche, c’est là que Mathilde a rencontré le professeur Joseph Vercauteren (université de Montpellier) qui a conduit au lancement de Caudalie » rappelle Florence Cathiard, notant qu’« aujourd’hui tout le monde est sur l’œnotourisme » (elle fut elle-même présidente du Conseil Supérieur de l'Œnotourisme de 2014 à 2017).
Les activités des domaines sont actuellement portées par les hôtels et la propriété californienne relève Florence Cathiard, notant qu’à Bordeaux « on fait le dos rond » en espérant « vraiment qu’avec le magnifique millésime 2025 il y ait un réveil de tous ceux qui n’ont pas achetés de primeurs depuis deux ans. Et il y en a beaucoup. On va être encore accessibles en prix avec un très bon millésime. » L’enjeu étant de relancer les ventes sur les références plus génériques ayant plus de mal à sortir : « ce n’est pas facile, on travaille plus qu’avant. C’est pour que l’arrivée de Tracey Dobbin est une bonne chose. On peut le faire comme nous avons la chance d’avoir des réserves. Ce n’est pas le cas de tout le monde, on s’en rend compte. On ne se paie pas cher avec mon mari. On aime la nature et le sport. On vit au milieu de ce que l’on aime, de ce qui est beau : ce n’est pas un métier, c’est une passion. »




