e rapport, publié parallèlement à une étude plaidant pour une fiscalité accrue sur les boissons sucrées, affirme que « les boissons alcoolisées deviennent de moins en moins chères en raison de taux d’imposition qui demeurent faibles dans la plupart des pays ». Il recense « au moins 167 pays qui prélèvent des taxes sur les boissons alcoolisées, dont 12 l’interdisent totalement », et avertit que « l’alcool est devenu soit plus abordable, soit son prix n’a pas évolué dans la plupart des pays depuis 2022, car les taxes ne suivent pas le rythme de l’inflation ni l’augmentation des revenus ». L’OMS critique par ailleurs le fait que « le vin reste exempt de taxes dans au moins 25 pays, notamment en Europe, malgré des risques évidents pour la santé ». Selon l’Organisation, ce traitement différencié devrait être supprimé « pour éviter d’encourager des substitutions indésirables ».
Les accises sur l’alcool « sous-utilisées »Pour étayer ses recommandations, l’Organisation s’appuie sur un sondage Gallup mené en 2022, qui montre que « la majorité des répondants étaient favorables à une fiscalité plus élevée sur l’alcool et les boissons sucrées ». De son côté, le Dr Etienne Krug, directeur du département des déterminants de la santé, de la promotion et de la prévention auprès de l’OMS, affirme que « tandis que le secteur en profite, c’est souvent au public d’en assumer les conséquences sanitaires et à la société d’en supporter les coûts économiques ». Estimant que « les droits d’accises sur les boissons alcoolisées restent sous-utilisées », l’OMS appelle ses pays membres à « augmenter et remanier ces taxes dans le cadre de sa nouvelle initiative 3 d’ici 2035 ». Lancé en juillet 2025, ce plan vise à relever les prix réels de trois produits : le tabac, l’alcool et les boissons sucrées. Dans tous les cas, l’Organisation insiste sur le fait que « la politique fiscale doit être régulièrement passée en revue pour assurer que les boissons alcoolisées deviennent moins abordables au fil du temps ».
Un train de retard
Alors que la consommation de vin poursuit sa baisse, en France comme au niveau mondial, que Dry January n’a jamais compté autant d’adeptes et que l’offre de boissons sans alcool est devenue pléthorique, les recommandations de l’OMS semblent quelque peu anachroniques, d’autres moteurs étant visiblement à l’œuvre. Sur le plan purement pratique, l’exemple du tabac illustre combien l’augmentation du poids fiscal peut servir d’incitation au commerce illicite et aux achats transfrontaliers : certaines estimations situent le premier à près de 50% et le second à 13% du marché. Dans le domaine des boissons alcoolisées, le Royaume-Uni a également démontré que l’augmentation de la fiscalité peut même être corrélée à une baisse des recettes.




